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Un p'tit coup de bourbon

Un p'tit coup de bourbon

Chaque semaine, Serge Faubert raconte l’actualité française à travers le prisme des délibérations au Sénat et à l’Assemblée nationale. Ce qui perce de l’esprit des lois et de l’équilibre des forces politiques, au-delà du jeu des petites phrases.

Alerte, le droit de manifester en danger

Un projet de loi, adopté en 1re lecture, prolonge les restrictions de l’état d’urgence sanitaire sur les manifestations de rue. Officiellement, il s’agit de protéger la santé des Français. Mais cet argument apparaît n’être qu’un prétexte.

Dimanche, le chef de l’État s’est enfin exprimé sur les forces de l’ordre. Il aura pris son temps. Deux semaines se sont écoulées depuis la première manifestation contre les violences policières et le racisme. Deux semaines qui ont vu le ministre de l’Intérieur vaciller, à la fois montré du doigt par l’opinion et contesté par ses propres troupes.

« Sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité ni liberté a déclaré Emmanuel Macron. Cet ordre, ce sont les policiers et les gendarmes, sur notre sol, qui l’assurent (…) C’est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation. »

C’est court. Mais cela a le mérite d’être clair. Le pouvoir a choisi son camp. Celui de sa garde prétorienne. Celle qui l’a sauvé des gilets jaunes et qui demain, espère-t-il, le protégera d’un nouveau mouvement social.

Mais sera-t-il seulement possible de continuer à manifester dans les rues ? La question est posée.

Le 14 juin, le gouvernement a, par décret, interdit les rassemblements de plus de 10 personnes.

Les manifestations sur la voie publique ne sont autorisées que si les conditions de leur organisation permettent de respecter les gestes barrière et la distanciation sociale.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Celui se terminant le 10 juillet, le décret deviendra caduc à cette date.

Mais lorsqu’il s’agit de perpétrer un mauvais coup, le gouvernement n’est jamais avare d’imagination.

Mercredi dernier, l’Assemblée nationale examinait le projet de loi de sortie de l’état d’urgence sanitaire.

Surprise, l’article 1 de ce texte reprend les dispositions du décret sur les rassemblements. Ainsi, jusqu’au 30 octobre, les préfets pourront interdire les manifestations pour des raisons sanitaires.

Le groupe socialiste a déposé une motion de rejet du texte. Sur les bancs de la droite, on a également dénoncé le projet de loi.

Le texte du gouvernement a néanmoins été adopté. Il sera examiné par le Sénat à partir de lundi.

Une fois encore, des mesures d’exceptions entrent dans le droit commun. Une fois encore, ce gouvernement fait reculer les libertés publiques.

Alors que le pays entre dans une grave crise économique et sociale, cette dérive autoritaire vaut indication sur les intentions du pouvoir : il prépare une nouvelle épreuve de force avec le peuple français.

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