Thomas Porcher, économiste, signataire du manifeste des Économistes atterrés, et auteur de nombreux essais dont « Les Délaissés » et « Traité d’économie hérétique » débunke chaque semaine, sur le plateau du Média, les fausses évidences des gardiens du temple néolibéral. À l'occasion, d'autres économistes et praticiens de l'économie viennent répondre aux questions du Média dans le cadre de ce module.
Thomas Porcher décrypte la cacophonie des municipales
Le second tour des municipales du 22 mars confirme un paysage politique fragmenté à un an de la présidentielle. Les grandes villes comme Paris, Marseille ou Lyon restent à gauche et écologistes, mais ces derniers reculent ailleurs, tandis que la droite gagne du terrain et que le RN progresse, notamment dans le Nord. La gauche avance globalement mais reste profondément divisée : LFI et le PS s’opposent ouvertement, malgré quelques alliances locales contre l’extrême droite. Chacun revendique des victoires, révélant surtout une forte polarisation et l’effacement relatif du camp présidentiel.
Les tensions à gauche dominent le débat médiatique, entre accusations réciproques et incapacité à s’unir, sur fond de divergences plus stratégiques que programmatiques. Cette désunion nourrit une forme de « pré-campagne » pour 2027. Par ailleurs, la mobilisation de la jeunesse dans certains quartiers populaires permet des victoires locales, soulignant l’importance de l’engagement citoyen. Le RN s’implante à la fois dans des territoires ouvriers et des zones plus aisées, à l’image de leur programme libéral. Enfin, le véritable vainqueur reste l’abstention, élevée à 43 %, reflet d’un désengagement persistant, notamment dans les milieux populaires. Dans un contexte budgétaire contraint, les collectivités locales alertent sur leurs marges de manœuvre réduites et les conséquences concrètes pour les habitants.
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher !