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Coup de gueule, coup de coeur, coup de blues… Dans cette rubrique diffusée à l’improviste, un journaliste du Média se saisit d’une question d’actualité tout en se gardant bien de se cacher derrière son petit doigt.

"Neutralité journalistique" : ce que les médias vous font croire…

En France, le journalisme se définit par la neutralité et l’objectivité. Une spécificité nationale érigée en norme professionnelle, censée placer le journaliste « au-dessus » du débat politique. Mais si la confiance du public dans les médias mainstream s’effrite, c’est aussi car ce mythe montre ses limites.

Cette obsession de la neutralité s’ancre dans l’héritage républicain universaliste et la professionnalisation du métier à partir des années 1980. Pourtant, la presse française fut longtemps une presse d’opinion. Jusqu’au XXᵉ siècle, les journaux assumaient des lignes politiques claires : L’Aurore défendait Dreyfus, L’Humanité naissait avec Jaurès, Le Figaro incarnait une droite conservatrice. La figure du journaliste engagé a été remplacée par celle de l’arbitre supposément neutre.

Mais cette neutralité est une apparence. L’objectivité, présentée comme un idéal, repose sur des routines professionnelles qui n’annulent pas les biais : le choix des mots, des invités, des angles, des hiérarchies de l’information. Comme l’ont montré Michael Schudson ou Pierre Bourdieu, ces formes produisent une « censure invisible » qui reconduit les cadres dominants.

Sous couvert d’équilibre, ce sont souvent les grilles de lecture du centre et de la droite qui s’imposent dans les médias mainstream. Le traitement médiatique de Gaza en est une illustration frappante : avec une reprise de récits coloniaux et une invisibilisation des Palestiniens.

Face à ce modèle dépassé, au Média, on assume nos valeurs (notre charte est disponible sur notre site), on rend visibles nos biais et on dit clairement d’où on parle. Sans renoncer à la rigueur journalistique.. mais à l’heure où l’extrême droite gangrène les esprits, feindre la neutralité n’est pas un garde-fou, c’est un choix politique.

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Coup de gueule, coup de coeur, coup de blues… Dans cette rubrique diffusée à l’improviste, un journaliste du Média se saisit d’une question d’actualité tout en se gardant bien de se cacher derrière son petit doigt.

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