Coup de gueule, coup de coeur, coup de blues… Dans cette rubrique diffusée à l’improviste, un journaliste du Média se saisit d’une question d’actualité tout en se gardant bien de se cacher derrière son petit doigt.
Mélenchon au second tour ? L’hypothèse qui commence à monter
Quinze ans après la fameuse phrase « à la fin ça sera nous contre eux » de Jean-Luc Mélenchon, l’hypothèse d’un second tour en 2027 face à Bardella réapparaît dans les sondages. Les dernières enquêtes IFOP placent le fondateur de La France insoumise à moins de cinq points de la qualification, dans un contexte où le seuil d’accès au second tour pourrait être historiquement bas. Si les sondages restent imparfaits et influencent eux-mêmes le vote, ils nourrissent un débat à gauche : certains refusent Mélenchon par crainte d’une défaite au second tour, alors même qu’aucun autre candidat de gauche ne semble aujourd’hui en mesure de se qualifier.
Les Insoumis, eux, misent sur une dynamique de campagne déjà observée en 2017 et 2022, où Mélenchon avait doublé son score initial dans les derniers mois. Leur stratégie consiste à mobiliser les abstentionnistes et les classes populaires plutôt qu’un électorat déjà stabilisé.
Cette perspective d’un Mélenchon au second tour inquiète l’extrême droite et une partie des médias. Depuis plusieurs années, une stratégie de disqualification politique vise à placer LFI hors de l’arc républicain, en assimilant la gauche radicale aux extrêmes. Au point où le conseil d’Etat a cédé en requalifiant la France Insoumise de parti d’extrême gauche, alors même que le mouvement du Vieux ne porte pas un programme révolutionnaire. L’objectif de la bourgeoisie et de l’extrême droite pour éliminer la FI est de plus en plus clair : installer les conditions d’un futur barrage non plus contre l’extrême droite, mais contre la gauche elle-même.