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Coronavirus : personnels soignants, les héros sacrifiés

La crise du coronavirus n’est pas encore arrivée au stade du pic épidémique, mais les signes avant-coureurs ne sont pas rassurants. Dans un Paris déserté, rencontre avec des soignants qui témoignent de leurs difficiles conditions de travail.

L’impréparation et les incohérences de l’exécutif français face à l’épidémie du coronavirus mettent les soignants, en première ligne, dans une situation de danger pour eux-mêmes. C’est ce dont témoigne Nicolas, aide-soignant à Paris, membre du Collectif inter-urgences. “Moi-même, j’ai été contaminé le 21 février. Dans mon hôpital, on est déjà à plus d’une trentaine de soignants contaminés et ça va continuer. Il y a des soignants qui ont des symptômes et qu’on ne teste pas dans notre pays. J’ai été en contact avec le patient un vendredi, et je n’ai su qu’il était positif que le jeudi d’après. Vous imaginez la perte de temps que ça a provoqué au niveau de la réactivité au sein de l’hôpital”.

Olivier, membre du syndicat Sud-Santé, infirmier anesthésiste, dénonce quant à lui la lenteur de la réaction publique. “Le confinement, c’est une mesure-barrière qui a montré son efficacité, qui a tardé dans sa mise en place en France et qui a montré son efficacité, notamment en Chine et en Corée du Sud. On a à peu près 5 000 - 6 000 places de réanimation sur l’ensemble du territoire. Si on laisse l’épidémie monter en puissance, on pourra avoir des contaminations jusqu’à 1 million par jour, dans les 50 jours qui viennent. Vous imaginez bien que dans ce million de personnes, il va y avoir des personnes un peu plus fragiles qui vont développer la forme la plus grave de la maladie. Et qui vont venir en nombre dans nos hôpitaux et on n’aura pas les lits suffisants”. L’urgence sanitaire est déjà là, si l’on en croit Nicolas. “Dans mon hôpital, on reçoit tout le temps des suspicions de Covid-19. On a des patients en réanimation, en médecine interne. Dans le service de gériatrie et de médecine interne, il y a 9 patients sur 12 qui ont le Covid-19. On a des patients aux maladies infectieuses, en pneumologie, on en a partout (...) Si des cas graves arrivent trop rapidement en même temps, des choix devront être faits. C’est déjà le cas dans le Grand Est, et ça va être le cas partout en France. On va refuser de prendre les gens en réanimation. On va même devoir refuser d’hospitaliser des gens. C’est ce qui nous pend au nez”.

D’autant plus que l’hôpital public affronte cette bourrasque après avoir été littéralement dépouillé. “Ce quinquennat, à partir de son premier jour, a fermé des lits d’hospitalisation partout en France par milliers. Cela aura forcément des répercussions sur la prise en charge aujourd’hui de cette pandémie. Depuis des années, ils regardent partout où ils peuvent supprimer du personnel. Dans mon hôpital, on a enlevé du personnel en maladies infectieuses, en pneumologie. Il manque du personnel en réanimation. Il manque du personnel partout, dans tous les hôpitaux de France”. Dans ce contexte, les soignants implorent les Français de respecter strictement les consignes de confinement et les gestes barrières. “Surtout, restez chez vous”, répètent-ils.

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