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Municipales : les abus de pouvoir de la Macronie

« Ne volons pas aux Havrais leur élection : il s’agit bien d’élire les 15 et 22 Mars prochains le maire du Havre », tient à préciser Agnès Firmin-Lebodo, la n°2 sur la liste d’Edouard Philippe. Mais quand la tête de liste se trouve être le Premier ministre, les enjeux nationaux ont du mal à sortir du tableau.

Au lendemain de l’annonce du 49.3 par Édouard Philippe, la députée Agnès Firmin-Lebodo a été prise à partie sur le marché des Halles centrales. Cette dernière a décidé de porter plainte pour insultes et menaces. Trois personnes ont rapidement été mises en garde à vue, dont Didier, Gilet Jaune, aujourd’hui relâché après 48h de garde à vue. « C’est un abus politique, tout ça parce que c’est Agnès Firmin-Lebodo, son dossier passe dans les mains du procureur en deux coups de louche. On interpelle les gens, on les met en garde à vue 48 heures, pour finalement aucune retenue, je trouve ça très grave. », dénonce Cédric, le cousin de Didier.

Si ce dernier a été relâché, Kévin, un Gilet Jaune de 22 ans, est aujourd’hui en détention provisoire dans l’attente de son procès le 30 mars prochain. Une justice sévère mais surtout à deux vitesses que dénonce l’union syndicale de la CGT d’Harfleur, et qui ne se réduit pas à cet événement. « Il y a vraiment une procédure d’intimidation, qu’elle soit juridique ou policière, il y a toujours des gens des renseignements territoriaux qui sont là dès qu’on est une dizaine, on sent vraiment qu’il y a une pression », explique Jean-Marc Decle, Gilet Jaune du Havre.

Et pour cause, les déplacements d’Édouard Philippe au Havre sont accompagnés depuis le début de la campagne d’une horde de gendarmes et de policiers, attisant les tensions entre manifestants et forces de l’ordre. Dernier exemple en date : son meeting havrais, le jeudi 5 mars. Ce qui devait être un débat public pour présenter son programme s’est transformé en meeting barricadé d’un dispositif de sécurité hors normes, repoussant à coup de bombes lacrymogènes les 300 manifestants rassemblés devant la salle des fêtes pour protester contre l'utilisation de l'article 49.3.
« C’est un musellement du mouvement social », dénonce Sylvain Chapelle, secrétaire de la CGT d’Harfleur. « Nous ne sommes pas du tout écoutés, à peine étions-nous arrivés que nous avons reçu des bombes lacrymogènes », témoigne Hervé, habitant du Havre présent lors du rassemblement.

Le climat est particulièrement tendu au Havre, car le Premier ministre joue gros. Le 15 et 22 mars prochains, ce sera avant tout un vote pour ou contre la politique du gouvernement d’Édouard Philippe. Ce dernier est pourtant en avance dans les sondages, mais le contexte national pourrait remobiliser la gauche, notamment incarnées par les listes de Jean-Paul Lecoq (PCF, LFI, Génération.s) et Alexis Deck (EELV, PS). Mais doivent-ils s’unir pour espérer l’alternative municipale dans cet ancien bastion communiste ?

Pour Pierre Bouysset, n°3 sur la liste de Jean-Paul Lecoq, il est déjà trop tard pour imaginer une fusion avec les Verts malgré leurs nombreuses discussions : « une logique de compatibilité politicienne empêche tout accord » : « Nous nous désisterons si nous arrivons derrière eux, reste à voir s’ils feraient la même chose », conclue-t-il.

Réponse le 15 mars prochain, mais qui soulève encore bien d’autres questions. Car si l’alternative a lieu, Édouard Philippe restera-t-il à la tête du gouvernement ? Ce dernier a en tout cas annulé son dernier meeting au Havre ce jeudi 12 mars pour cause de gestion de crise du coronavirus, une aubaine pour éviter les manifestations musclées contre la réforme des retraites.

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