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Procès Marine Le Pen : on vous raconte les coulisses d’un verdict explosif
Trente-neuf minutes. C'est le temps qu'il a fallu à la cour d'appel de Paris pour rendre sa décision dans l’affaire du détournement de 2,8 millions d’euros de fonds européens par des cadres du Rassemblement national. Alors que les faits sont jugés « particulièrement graves » et Marine Le Pen désignée comme l'instigatrice, les peines sont drastiquement réduites au nom de la « liberté des candidatures » et du libre choix des électeurs. Le message est troublant. Pourquoi une telle mansuétude ? Cette décision semble créer une distinction nette entre les élus et les autres justiciables. Le tribunal de première instance rappelait pourtant qu'un mandat ou une candidature ne peut se transformer en privilège judiciaire sans porter atteinte au principe d'égalité devant la loi. La maxime de La Fontaine n’a pas pris un ride : « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Grace à la décision de la cour d’appel et par un jeu de temporalité, la candidate d’extrême droite condamnée par deux juridictions pour détournement de fonds publics, pourrait passer entre les mailles du filet judiciaire et se voir protéger par un mandat présidentiel. Le système judiciaire s’est-t-il fourvoyé en ne cessant de vouloir s’adapter au calendrier et à la pression politique ? C'est la carte blanche de Nadia Sweeny.