Nouvel épisode des Indiscrets de Nils Wilcke. Journaliste indépendant, journaliste politique jusqu’au bout des doigts, il recueille les confidences des politiques de tout bord.
Pourquoi Macron est fasciné par le fascisme : les dessous de la visite de Milei
Xavier Milei est à Paris du 30 septembre au 2 octobre pour promouvoir les investissements en Argentine dans le cadre de l’« Argentina Week ». Mais derrière cette visite présentée comme essentiellement économique, Emmanuel Macron lui a réservé un accueil particulièrement protocolaire : le président argentin a notamment reçu les honneurs militaires aux Invalides, alors qu’il s’agissait initialement d’une simple visite de travail. L’Élysée assume ce relèvement du niveau protocolaire au nom des intérêts français et des relations avec un pays considéré comme important en Amérique latine. Car derrière les échanges économiques se jouent plusieurs enjeux stratégiques : les intérêts français en Amérique du Sud, le Mercosur, l’accès aux métaux critiques comme le lithium et le cuivre, mais aussi la perspective d’une commande de trois sous-marins à Naval Group, pour plus de 2 milliards d’euros. Cette proximité affichée avec Javier Milei suscite toutefois la colère d’associations de défense des droits humains et de représentants de la société civile. Le président argentin est notamment critiqué pour sa politique de dérégulation, ses attaques contre les services publics et ses positions hostiles à certaines valeurs démocratiques et au multilatéralisme. La visite interroge ainsi les limites du « pragmatisme économique » revendiqué par l’Élysée lorsqu’il s’agit de recevoir un dirigeant aussi controversé.