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L'histoire terrible de Baligh, malade et sous OQTF : La France « me condamne à mort »

« C’est une condamnation à mort pour mon mari. Là-bas, c’est la mort. » La voix de Sabra tremble. À ses côtés, Baligh, 62 ans, ancien pêcheur tunisien, lutte depuis douze ans contre une insuffisance rénale sévère et un diabète avancé.

« C’est une condamnation à mort pour mon mari. Là-bas, c’est la mort. » La voix de Sabra tremble. À ses côtés, Baligh, 62 ans, ancien pêcheur tunisien, lutte depuis douze ans contre une insuffisance rénale sévère et un diabète avancé. Trois fois par semaine, les mardis, jeudis et samedis à 4 heures du matin, il subit quatre heures d’hémodialyse. Sa seule chance de survie : une greffe de rein.

Arrivé en France en 2019 avec son épouse, le couple avait obtenu un titre de séjour pour raisons médicales, renouvelé jusqu’en 2022. Mais alors que l’état de santé de Baligh s’aggrave, la préfecture refuse désormais de prolonger son autorisation. Radié de la liste d’attente des greffes, privé de logement et d’aides, le couple vit aujourd’hui dans une chambre de 15 m², attribuée par le 115. Le 20 janvier 2026, Baligh a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une interdiction de retour d’un an.

« S’il retourne en Tunisie, c’est pour mourir. Il n’a ni maison, ni ressources, ni famille là-bas », confie sa femme, épuisée. Fils unique, sans enfants, il n’a plus d’attaches dans son pays d’origine. « Je ne dors plus. Nous pleurons toute la nuit. Je suis très inquiet », souffle Baligh. Pourtant, son médecin hospitalier estime que son état est incompatible avec un voyage. Le praticien rappelle que le patient souffre d’une néphropathie diabétique en hémodialyse depuis 2018, compliquée d’une cardiomyopathie ischémique, d’une rétinopathie diabétique et d’une artériopathie ayant nécessité plusieurs amputations. « Il reste éligible à une greffe, mais les démarches sont impossibles sans titre de séjour », précise le médecin. De son côté, le service médical de Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé, sur dossier, qu’un retour en Tunisie était envisageable.

Pour Philippe Chabin, bénévole à La Cimade, la situation est « dramatique ».

« Ne rien faire relèverait presque de la non-assistance à personne en danger. On parle d’un homme qui se bat pour sa vie, pas de tourisme médical. Les greffes de patients étrangers représentent à peine 0,6 % en France », rappelle-t-il, dénonçant « une forme de préférence nationale ». Un recours gracieux a été déposé le 5 février devant la préfecture de la Sarthe par l’avocate du couple, qui espère une réponse d’ici la fin du mois. Contactées, les autorités n’ont pas donné suite. En attendant, Sabra s’accroche : « Il faut garder l’espoir. Sans papiers, tout est bloqué. Avec des papiers, tout changerait. »

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