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La défense larmoyante de Le Pen ne convainc pas : on vous raconte la fin procès du RN
Le procès en appel visant le Rassemblement National et Marine Le Pen pour soupçons de détournement de fonds européens s’est terminé le 12 février avec les plaidoiries de la défense.
Le procès en appel concernant Marine Le Pen et plusieurs cadres du Rassemblement national pour détournement présumé de fonds publics européens s’est achevé mercredi 12 février avec les ultimes plaidoiries de la défense. Une audience marquée par l’arrivée d’une nouvelle avocate, Maître Sandra Chirac-Kollarik, dont l’intervention a d’abord pris un ton très personnel, évoquant notamment l’enfance de la dirigeante d’extrême droite avant d’aborder les éléments juridiques du dossier.
Au cœur des débats : l’utilisation d’assistants parlementaires européens soupçonnés d’avoir travaillé pour le parti alors qu’ils étaient rémunérés par le Parlement européen. La défense conteste l’existence d’un « système » organisé et plaide la bonne foi, évoquant au mieux des erreurs administratives sans intention frauduleuse. Plusieurs proches du RN ont défilé à la barre. Guillaume Lillier, ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, a peiné à justifier d’un travail parlementaire effectif, reconnaissant ne conserver aucun document relatif à ses activités. Catherine Griset, ancienne assistante et proche de Marine Le Pen, a été interrogée sur un emploi du temps partagé entre fonctions partisanes et mandat européen, incompatible avec les règles de Bruxelles. Un tableau interne intitulé « payer autrement », recensant des salariés du parti financés par d’autres structures, a particulièrement retenu l’attention de la cour. Le trésorier historique Valérand Saint-Juste a pour sa part invoqué les difficultés financières du Front national pour expliquer certaines pratiques, tout en niant toute volonté délictueuse. L’avocat général a requis contre Marine Le Pen une peine de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité, sans exécution provisoire.
La décision, attendue le 7 juillet, pourrait avoir des conséquences majeures sur la présidentielle. En cas de confirmation de la condamnation, un pourvoi en cassation est envisagé, laissant planer une incertitude juridique et politique sur la capacité de la cheffe du RN à se présenter au scrutin.