Nouvel épisode des Indiscrets de Nils Wilcke. Journaliste indépendant, journaliste politique jusqu’au bout des doigts, il recueille les confidences des politiques de tout bord.
Affaire Epstein : pourquoi Macron et les puissants s'inquiètent
L’onde de choc de l’affaire Jeffrey Epstein remonte jusqu’au sommet de l’État et fait trembler la classe politique, y compris autour d’Emmanuel Macron. Comment les puissants tentent-ils de contenir les scandales et de préserver leur image ? Enquête.
Vent de panique dans l’exécutif. L’affaire Epstein, relancée par de nouvelles révélations, fait trembler une partie de la classe politique française. Officiellement, Emmanuel Macron minimise, parlant d’un dossier « surtout américain ». En coulisses pourtant, l’inquiétude est palpable. « Tout le monde est sur le pont, c’est radioactif », confie un conseiller. Sans même être cité, chacun redoute d’apparaître dans les cercles de proximité.
La pression s’est accentuée avec l’éviction de Jack Lang de l’Institut du monde arabe, décision interprétée comme une tentative de couper court aux soupçons. Les révélations autour d’un diplomate français cité dans les fichiers américains ont également réveillé les tensions au Quai d’Orsay. Ce ne sont pas seulement les accusations personnelles qui inquiètent, mais aussi d’éventuels échanges d’informations sensibles. Dans ce contexte explosif, l’État redoute autant les enquêtes judiciaires que la prolifération de contenus manipulés visant la France.
À l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon pousse pour une commission d’enquête transpartisane afin de « faire émerger la vérité ». Une initiative qui donne des sueurs froides à la majorité présidentielle. Yaël Braun-Pivet appelle à la prudence, tandis que Gabriel Attal se garde bien d’en prendre l’initiative. En interne, certains cadres préfèrent attendre que la tempête médiatique passe, redoutant une séquence politique incontrôlable.
Attal et le trésor de guerre macroniste
Pendant ce temps, Gabriel Attal consolide son pouvoir à la tête de Renaissance. Vente du siège historique, réduction drastique des effectifs, économies structurelles : le parti dispose désormais d’un trésor de guerre estimé à près de 20 millions d’euros. Un atout stratégique à l’approche de 2027, alors que l’accès aux prêts bancaires s’est durci après la déconvenue financière de Valérie Pécresse en 2022. Selon plusieurs sources, Attal pourrait même éviter l’emprunt pour une future campagne présidentielle — une perspective inédite sous la Ve République.
Mélenchon tend la main… ou un piège ?
À gauche, Jean-Luc Mélenchon avance une « offre fédérative » au Parti communiste : conseil de programme commun, coordination politique et discussions sur la répartition des candidatures. Officiellement, il s’agit de reconstruire l’unité. Officieusement, certains cadres insoumis parlent d’une stratégie pour reprendre l’ascendant sur un PCF fragilisé avant son congrès de juillet.
Les communistes, eux, dénoncent un « piège » et rappellent que leur priorité reste les municipales. Entre recompositions partisanes, bataille des financements et scandales internationaux, la scène politique française apparaît plus fragmentée que jamais, avec, en toile de fond, la ligne d’horizon de 2027.