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Covid-19 : Les peuples amérindiens risquent l'anéantissement

Ils sont surnommés les gardiens de la forêt parce qu'ils entretiennent l'Amazonie, un territoire considéré comme l'un des poumons de la planète, essentiel pour la régulation du climat. Pourtant ces gardiens sont menacés dans l'indifférence générale. Ce sont les amérindiens, ébranlés par la pandémie de Covid-19 et l'accélération soudaine de la déforestation en temps de confinement.

"Ce coronavirus est un problème très sérieux, aussi bien pour vous que pour nous, peuples indigènes" lance Raoni Metuktire, l'un des chefs amérindiens les plus célèbres. L'appel est solennel, mais il n'en témoigne pas moins de la détresse du peuple Kayapo qui s'est confiné face à la pandémie. Dans une vidéo de l'ONG Planète Amazone, envoyée au Média, le cacique Raoni alerte sur les dangers qui menacent les peuples autochtones et demande de l'aide. L'extinction, voilà ce qu'ils craignent. Certains des interlocuteurs contactés parlent même de "génocide" potentiel.
"Sans votre aide les peuples indigènes du Brésil ne pourront faire face à cette terrible maladie" prévient le leader indigène.

Depuis mars 2020, et le début de la pandémie mondiale, les garimpeiros, ces chercheurs d'or illégaux sont de plus en plus nombreux dans la forêt. Profitant du chaos généré par l'épidémie et de la politique laxiste à leur égard des gouvernements, brésilien en tête, les garimpeiros poussent leur excursions plus loin, et plus près des communautés amérindiennes, amenant maladies et virus avec eux, dont le Covid-19. Forçant le contact avec les populations autochtones, les repoussant souvent violemment, les chercheurs d'or, les braconniers et les bucherons mettent en danger les tribus qu'ils contaminent et qu'ils déciment. Cette nouvelle épidémie amenée par l'homme blanc rappelle certains des épisodes les plus dramatiques de l'histoire coloniale américaine, mais celle-ci pourrait bien être fatale à certains peuples, en particulier les plus isolées, dont les systèmes immunitaires ne sont pas les mêmes. De quoi raviver "le traumatisme collectif laissé par les épidémies qui ont jadis décimé nos ancêtres" écrit le Grand Conseil Coutumier des peuples Amérindiens et Bushinengé de Guyane dans un communiqué. Au point d'alarmer l'ONU qui relève que "les peuples autochtones connaissent un degré élevé de marginalisation socio-économiques et sont exposés à un risque disproportionné dans les urgences sanitaires, devenant encore plus vulnérables au cours de cette pandémie mondiale, en raison de leurs manques d'accès aux services de santé".

Dans le même temps, les garimpeiros exploitent la forêt et s'accaparent les ressources. La déforestation en Amazonie a battu de nouveaux records au mois de mars selon l'Institut National de recherche spatial du Brésil. L'extractivisme minier aussi se développe, attirant plus de mineurs et augmentant les risques sanitaires. Ces activités industrielles se portent au mieux, mais la forêt et les rivières sont de plus de plus polluées, "et certains fleuves qui n'étaient pas pollués le sont désormais" affirme une leader amérindienne contactée par Le Média.

Ces problèmes de pollutions, les amérindiens français vivant en Guyane en souffrent. Ils mettent en cause l’État français favorable à l'industrie minière qui encourage les exploitations aurifères. Un nouveau projet titanesque serait même planifié et la commission des mines convoquée le 29 avril à la préfecture avant la levée du confinement. Un scandale que ne manquent pas de dénoncer les organisations écologistes et autochtones pour qui "les priorités de la Préfecture (du département de la Guyane) sont tournées vers d'autres intérêts" (communiqué du collectif Or de Question) que la préservation de l'Amazonie et la santé de ses habitants.

En soutien aux peuples autochtones confinés, une ONG, Planète Amazone a donc lancé une campagne pour approvisionner les villages confinés. "On a besoin de riz, de pâtes, de haricots, de sels. On a besoin de produits sanitaires, de médicaments, d'acheminer des malades" précise Gert-Peter Bruch, le fondateur de Planète Amazone.

L'organisation humanitaire appelle à faire un don sur son site : planeteamazone.org

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