“Je vais la tuer” : Pourquoi la journaliste Nassira El Moaddem est au coeur de la guerre des droites au Sénat
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L'absence de réaction de Gérard Larcher et de la droite sénatorial face aux menaces subies par la journaliste par l'un de leur collègue interroge, sur fond de guerre larvée entre le président du Sénat et Bruno Retailleau.
Les propos tenus par le sénateur LR Thierry Meignen contre la journaliste Nassira El Moaddem vont-ils se retourner contre lui ? Le Sénat se retrouve à nouveau dans l’œil du cyclone après que ce baron local de la droite au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) a insulté et menacé de mort notre consœur. Pour le moment, ni Bruno Retailleau, patron des LR, ni de son successeur à la tête du groupe LR au Palais du Luxembourg, Mathieu Darnaud ni le président du Sénat, Gérard Larcher, n'ont souhaité commenter ces faits. Sollicité par Le Média, le cabinet de ce dernier se borne à rappeler que « le Président du Sénat a saisi le Président du comité de déontologie du Sénat (Arnaud Bazin, sénateur LR, NDLR) ». A vrai dire, Gérard Larcher n'avait guère le choix, après avoir été interpellé par les sénateurs de la gauche sur le sujet. Sans la pression politique, « au Sénat, le silence est d’or, c'est la forteresse du silence », déplore un membre du Bureau, l’organe disciplinaire de l’institution, chargé de statuer en dernier recours sur une potentielle sanction de l'un de ses pairs.
L'objet de ce nouveau scandale ? Les mots d'une grande violence du sénateur Meignen lors d'un entretien au journal Le Monde, dans l'entre deux tours des municipales. « Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue », a déclaré l’élu, 48 heures avant le second tour. L’objet de cette rancœur contre Nassira El Moaddem, qui a viré à la haine ? Un livre de notre consœur intitulé « Main basse sur la ville. Enquête au Blanc-Mesnil » (aux éditions Stock). Il relate le « climat de terreur » instauré par Thierry Meignen et ses dérives depuis son élection à la mairie du Blanc-Mesnil en 2014. Le livre, documenté et étayé, fait scandale et surtout, connaît un succès qui dépasse les frontières de la Seine-Saint-Denis.
« Tout ce qui peut affaiblir Bruno Retailleau dans sa course à la présidentielle est bon à prendre », un cadre LR au Média
Voici les messages de Vijay Monany à une de ses collaboratrices quand il était directeur de cabinet de Thierry Meignen au Blanc-Mesnil.Aujourd'hui, collaborateur du groupe d'extrême droite de Sarah Knafo au Parlement européen, il est candidat derrière Thierry Meignen #Municipales pic.twitter.com/Ld1slmTv6R
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