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Dans les déserts médicaux français. 4/4. Médecins non européens : les corps étrangers

Par Maïlys Khider

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Les médecins diplômés hors de l’Union européenne remplissent les déserts médicaux. Mal rémunérés, maintenus dans une situation précaire, ils revendiquent une plus grande reconnaissance. Et pour cause : l’Etat les a exhortés à venir dans les années 80 pour disposer d'une main d'œuvre à bas coût.

Le 9 février 2022, en pleine campagne présidentielle, le candidat Eric Zemmour était questionné sur la désertification médicale : « Je supprimerai le concours qui vise à faire venir des médecins étrangers », déclarait-il, en visant les médecins algériens, sans préciser que là où les médecins ont déserté, les Praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) sont un indispensables. « Accueillir des praticiens ayant une formation en dehors de l’UE est devenu l’un des rares solutions, dans un certain nombre d’établissements, pour consolider les équipes », reconnaît Quentin Hénaff, responsable adjoint au Pôle Ressources humaines de la Fédération hospitalière de France.  

En témoigne l’Atlas de la démographie médicale en France de 2021 publié par l’Ordre des médecins. Moins une zone est dotée en médecins, plus elle compte de PADHUE. En 2021, parmi les nouveaux inscrits à l’Ordre, 30% ont obtenu leur diplôme en dehors de l’UE dans le Cher, 40% en Seine-et-Marne, 43% dans le Val d’Oise et 59% en Guyane. A contrario, dans les Hautes Alpes, l’une des zones les mieux couvertes en médecins, cette proportion tombe à 9 %.

Bas salaires et contrats précaires

Tous les PADHUE ne sont pas logés à la même enseigne. Ceux qui, venus de l’étranger, n’ont pas réussi le concours d’équivalence requis pour être inscrits à l’Ordre ne sont pas considérés comme médecins. Ils exercent en tant que « Praticiens attachés associés » ou « Faisant fonction d’interne ». Des statuts précaires, en CDD, mal rémunérés, et qui ne les autorisent pas à travailler dans le privé. Présents notamment dans « les services de réanimation, de gériatrie, d’urgences, d'anesthésie, de gynécologie-obstétrique ‒ des spécialités pénibles où les gardes sont très longues », selon Nefissa Lakhdara, secrétaire générale du Syndicat national des PADHUE (SNPADHUE), ces soignants sont contraints de passer d’un désert médical à l’autre, là où les postes sont vacants. « Beaucoup ont suivi l’offre et la demande en étant très mobiles spatialement (...). J’ai rencontré en 2014 un anesthésiste diplômé en Syrie arrivé en France en 2004. En 10 ans, il a dû changer neuf fois de lieu de travail », raconte Victoire Cottereau, géographe de la santé et des migrations, autrice de la thèse Les « invisibles » de l’hôpital.

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