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Avocats en grève : la résistance continue

Lundi 24 février, les avocats de Paris bloquaient le tribunal de grande instance pour protester contre le projet de réforme des retraites. Ils seront finalement délogés par les forces de l'ordre.

Scène surprenante sur le parvis du tribunal de Paris : un cordon d’une centaine d’avocats s’organise pour bloquer les quatre entrées du bâtiment. Il est 8h30, et l’objectif est de tenir le plus longtemps possible pour affirmer la mobilisation de la corporation contre la réforme des retraites.

Le 21 février, la garde des Sceaux Nicole Belloubet avait annoncé la création d’un amendement spécial visant à corriger la hausse de cotisation pour les avocats les plus précaires. Après celui des policiers, du personnel aérien ou des pompiers, ce nouveau coup de canif dans la promesse de régime universel devait calmer la grogne des avocats. Mauvais calcul : le mouvement ne faiblit pas.

Julia Courvoisier fait partie des avocats bloqueurs. Pour elle, le gouvernement est responsable de la situation : « Les avocats n’étant toujours pas entendus, ni par le ministère de la Justice, ni par le gouvernement, les avocats parisiens se réunissent devant le tribunal judiciaire de Paris pour bloquer l’entrée. C’est notre 49.3 ! L’idée, pour l'instant, c'est de bloquer ce matin et de voir comment ça se passe. On continue notre mouvement, on est toujours extrêmement mobilisés et on compte le montrer ». Le projet du gouvernement met selon eux en péril toute une partie de la profession : « La réforme vise à doubler nos cotisations et par conséquent [pourrait conduire] à faire fermer la majorité des cabinets d’avocat de France. »

Quelques échauffourées avec des prévenus et certains magistrats

Robes noires contre uniformes bleus, le face-à-face est assez insolite pour des corps de métier qui ont l’habitude de travailler ensemble. Si bien que dans un premier temps, l'ambiance était relativement détendue : « On n’a absolument pas peur de la police, on travaille tous les jours avec les policiers que ce soit dans les tribunaux et les salles d’audience. On est tout à fait respectueux des policiers et les policiers vont nous respecter parce qu’on fait ça tous les jours », explique maître Courvoisier.

Les forces de l’ordre donnent du « maître s’il vous plaît » et repoussent doucement les avocats qui tentaient de bloquer la route devant le tribunal. La situation se tend nettement plus lorsque certains visiteurs perdent leurs nerfs. Des justiciables tentent de forcer l’entrée craignant de ne pas être présents à leur procès. Un homme d’une soixantaine d’années agrippe violemment une avocate par la gorge, pour finalement être repoussé. Les invectives fusent : « Ça ne va pas ? Vous ne pouvez pas taper les gens ! » - « Et vous, vous avez le droit de bloquer ? Bande de cons ! ». L’homme s’avère être un magistrat temporaire, ancien commissaire de police.

Aux alentours de 11h, la police commence à déloger les grévistes. Fléchis et en poussée, les avocats tentent de faire front. Mais plus habitués aux joutes verbales qu’aux mêlées fermées, ils perdent rapidement du terrain. Les policiers rétablissent l’accès au tribunal sans faire usage de violence excessive. L'action est une première historique pour les avocats, très remontés contre le projet du gouvernement. Ce lundi devait par ailleurs débuter le procès de François Fillon. Mais les avocats grévistes et non-grévistes ont fait valoir leur droit en imposant le report du procès. 

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