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On s'autorise à penser

On s'autorise à penser

Parce qu’il n’est plus possible que seuls “les milieux autorisés” soient autorisés à penser notre monde, ses réalités et ses combats. Cette émission se veut le carrefour des intellectuel·le·s, penseuses·eurs et actrices·eurs des luttes sociales dissident·e·s et/ou invisibilisé·e·s.

Le Pen tortionnaire de la République en Algérie : ce qu'on veut nous faire oublier | Fabrice Riceputi, Julien Théry

L'historien Fabrice Riceputi présente son récent livre "Le Pen et la torture. Alger 1957, l'histoire contre l'oubli", à un moment où la respectabilisation de l'extrême-droite au sein de la classe dirigeante et médiatique aboutit parfois à remettre en doute insidieusement, contre les preuves accumulées, le passé de tortionnaire du patriarche de l'extrême-droite française.

On a un peu oublié aujourd’hui que si Jean-Marie Le Pen a longtemps été un personnage imprésentable (et en même temps très légitime et populaire au sein de l’extrême droite), ça n’était pas seulement à cause de ses liens avec les ex-vichystes et pétainistes de l’Occupation, pas seulement à cause de son obsession raciste de l’immigration et des dangers qu’elle représenterait, et pas seulement non plus à cause de ses penchants antisémites : c’était aussi à cause de son action pendant la Guerre d’Algérie. 

Jeune lieutenant engagé volontaire dans l’armée française, Le Pen a personnellement mis en œuvre, avec beaucoup d’autres, l’usage systématique et intensif de la torture contre les habitants d’Alger suspects d’appartenir le FLN ou de le soutenir pendant ce que l’on a appelé la « Bataille d’Alger », début 1957. L'objectif de l'armée et du gouvernement français était de terroriser la population pour la dissuader de suivre le mot d'ordre de grève alors lancé par le mouvement indépendantiste en vue de démontrer l'illégitimité de la puissance coloniale lors d'un débat sur la situation algérienne programmé à l'ONU. 

Le Pen a d'abord revendiqué sa participation aux actes de torture. Puis il l’a niée, à partir de 1984, quand son parti jusque là groupusculaire, le Front National, et ses ambitions personnelles ont pris une envergure nationale. Sa stratégie a été alors d'attaquer en justice tous ceux qui affirmaient la vérité, témoignages et preuves à l'appui. Au milieu des années 2000, la justice lui a donné définitivement tort. 

Des remises en doute d'une vérité pourtant démontrée se sont manifestées ces derniers temps, en rapport, bien sûr, avec le climat actuel de respectabilisation de l'extrême-droite et du Rassemblement national au sein de la classe dirigeante et dans les médias français. C'est la raison pour laquelle l'historien Fabrice Riceputi vient de réunir dans un livre paru aux éditions du Passager clandestin l’ensemble du dossier historique, tout à fait accablant mais resté jusqu’ici dispersé. Récits de victimes et de témoins, rapports de police, enquêtes journalistiques et archives militaires : l'historien examine avec précision la crédibilité des sources qui accusent et de celles qui tentent de dédouaner le lieutenant Le Pen.

 Dans ce nouvel épisode d'"On s'autorise à penser", F. Riceputi et Julien Théry discutent en historiens autour de ce livre indispensable et de l'inconscient colonial de la classe dirigeante française, non seulement de droite, mais aussi socialiste, qui voudrait aujourd'hui faire oublier le passé de Le Pen et de la République coloniale. 

Le Pen tortionnaire de la République en Algérie : ce qu'on veut nous faire oublier | Fabrice Riceputi

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