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Coup de gueule, coup de coeur, coup de blues… Dans cette rubrique diffusée à l’improviste, un journaliste du Média se saisit d’une question d’actualité tout en se gardant bien de se cacher derrière son petit doigt.

Zemmour et le business de la misogynie

Alors que plusieurs femmes accusent le polémiste d'extrême-droite d'agression sexuelle, notre journaliste Maud Le Rest décrypte son discours misogyne assumé.

Le 24 avril, Gaëlle Lenfant, conseillère municipale à Aix-en-Provence, a raconté dans un post Facebook une agression sexuelle qu’elle aurait subie en 2004. L’auteur : Éric Zemmour.

Trois jours plus tard, c’est la journaliste belge Aurore Van Opstal qui a affirmé, sur Twitter, avoir été agressée par l’essayiste. Puis Mediapart s’est emparé de l’affaire. Le journal d’investigation a récolté les témoignages de cinq autres femmes : elles décrivent des agressions sexuelles et des comportements inappropriés de la part d’Éric Zemmour.

Une attitude en parfaite adéquation avec la misogynie qu’il assume depuis des années. Selon Éric Zemmour en effet, les hommes sont par nature des prédateurs sexuels. D’après le polémiste, l’homme est censé user de sa violence sur les femmes.

 Paradoxalement, en plus d’être un agresseur né, l’homme aurait pour mission de protéger la femme et l’enfant. Mais cette mission serait mise en péril par la crise de la masculinité. Crise de la masculinité bien sûr causée par les méchantes féministes.  

Quand arrivent les années 70, les femmes mettent en place un « nouvel ordre moral » et diabolisent la sexualité masculine ! Le problème, c’est qu’elles ne savent pas gérer leur pouvoir… D'après Éric Zemmour, les femmes ne sont pas faites pour gouverner. Il évoque un lien millénaire entre pouvoir et virilité, et affirme que le pouvoir doit rester dans les mains des hommes. 

De toute façon, c’est bien connu, les femmes sont guidées par leurs hormones ! Éric Zemmour affirme que plusieurs études démontrent que dès l'utérus, des « bombardements d'hormones » différencient les bébés filles des bébés garçons. 

Pas étonnant, donc, que le « journalisme féminin », comme il l’appelle, soit régi par l’affect. C’est ce qu’il balance à la journaliste politique Gaël Tchakaloff en 2017 : « Vous sentez, vous aimez, vous embrassez, vous cajolez, vous pénétrez, ou vous êtes pénétrée, que sais-je. » 

Éric Zemmour, il est donc ravi du succès que connaît la mouvance masculiniste aux États-Unis. Il salue même, dans Le premier sexe, une « révolution masculiniste » qui participe à une « revanche réactionnaire ».

Mais cette saine révolution aboutira-t-elle ? Rien n’est moins sûr. Parce que si l’on suit la logique zemmourienne, les féministes réécrivent l’histoire constamment et effacent les réussites des hommes blancs.

On espère que par leurs témoignages courageux, Gaëlle Lenfant, Aurore Van Opstal et les témoins de Mediapart auront réussi, à leur échelle, à faire ouvrir les yeux sur le discours nauséabond du polémiste. En attendant, on leur souhaite à toutes beaucoup de courage.

Dixit

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