Légion d'honneur : le scandale que Macron ne peut plus cacher
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La Légion d’honneur, plus haute distinction française, ou « hochet de la République », comme la qualifiait son créateur Napoléon ? Son attribution fait polémique chaque année, car cette décoration est souvent perçue comme un outil d’influence politique et de copinage. Elle semble parfois récompenser des figures controversées ou des alliés du pouvoir, au détriment des héros anonymes du quotidien. La dernière promotion du 14 juillet n’a pas échappé à la règle.
Admirée, enviée ou brocardée, la Légion d’honneur continue de faire parler. En mai, la promotion du promoteur immobilier Christian Terrassoux au grade de commandeur de l’ordre national du Mérite a fait scandale. Ce chef d’entreprise de 66 ans, qui a présidé la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), a été reconnu coupable d’« abus de biens sociaux », comme l’a révélé Mediapart. D’autres nominations ont fait grincer des dents le 14 juillet, notamment celle de l’ancien ministre Gérard Longuet. Officiellement retiré de la vie politique depuis plusieurs années, cette ancienne figure de la droite s’est fait connaître du grand public pour son bras d’honneur adressé à la télévision, sur La Chaîne parlementaire, en 2012, lors d’une émission consacrée au mariage pour tous. L’intéressé avait ensuite assuré que son geste grossier visait… les autorités algériennes, et notamment le « procès en colonisation » intenté à la France.
« C'est assez lié à l’âge, l'amour des décorations. Parce que c'est, en quelque sorte, se pérenniser, c’est s’inscrire dans une lignée. » Roselyne Bachelot, ancienne ministre
Sollicité, le gouvernement fait le dos rond sur cette décoration. « Gérard Longuet a beau être retiré de la politique, il est en très bons termes avec Sébastien Lecornu, qu’il a bien connu sur les questions de Défense, mais aussi avec Catherine Vautrin et Annie Genevard (ministres des Armées et de l'Agriculture, ndlr) : ils sont de la même génération. C’est une manière de soigner leurs rapports avec la droite dure et de couronner cinquante ans de vie politique », réagit, sous couvert d’anonymat, une source au sein de l’exécutif. « C'est assez lié à l’âge, l'amour des décorations. Parce que c'est, en quelque sorte, se pérenniser, c’est s’inscrire dans une lignée », abonde Roselyne Bachelot auprès du Média, sans se prononcer sur son ancien collègue. L’ancienne ministre, reconvertie dans le journalisme, affirme avoir proposé et remis « des centaines » de décorations au cours de sa longue carrière politique.
Autre nomination, moins médiatique : celle d’une directrice du groupe Tikehau Capital, proposée sur le contingent d’Aurore Bergé. Le fonds d’investissement français, choyé par Emmanuel Macron, est pourtant visé par une enquête du Parquet national financier, selon Mediapart. La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes a elle-même annoncé cette nomination sur LinkedIn, avec un abus de langage : elle y écrit avoir « nommé » les personnes citées. Or, les ministres ne peuvent que proposer des candidats, la chancellerie étant ensuite chargée d’instruire les dossiers. Et lorsqu’ils remettent une décoration, ils le font au nom du président de la République. Cette formulation illustre toutefois à quel point la Légion d’honneur peut constituer un instrument de pouvoir au service de l’entretien d’un réseau.
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