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Le PS va-t-il se mettre sous la coupe de Glucksmann pour 2027?

Par Nils Wilcke

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Les militants socialistes ont choisi jeudi une primaire fermée pour désigner leur candidat. De quoi enterrer une candidature unique à gauche et permettre à Raphaël Glucksmann de faire main basse sur le PS ?

Mauvaise semaine pour Olivier Faure. Les militants du PS ont voté jeudi soir à une écrasante majorité (55%) pour désigner leur candidat à la présidentielle en interne, avec Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. L’option choisie, qui enterre un peu plus l’idée d’une candidature unique à gauche pour 2027, était défendue par Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, et Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, les deux principaux opposants internes d’Olivier Faure. 

Raphäel Glucksmann laisse planer l’ambiguïté sur sa participation à une primaire 

Le patron du PS proposait, lui, une primaire ouverte au reste de la gauche, hors LFI. C’est la première fois en huit ans que le patron du PS est battu par ses opposants en interne. Un désaveu? « Logiquement, il devrait démissionner », estime un député socialiste sollicité par le Média. Une option écartée à ce stade par l’intéressé. « Mon devoir de premier secrétaire, après avoir appelé à ce vote, c'est de le respecter », démine Olivier Faure sur vendredi matin sur Franceinfo. Une commission va être créée spécialement pour organiser la primaire prévue en octobre même si ses contours et sa finalité restent très flous à ce stade. « Si le nom d'un candidat sort en octobre, comment va-t-il rassembler la gauche ?, s'interroge le sénateur PS Rémi Cardon, proche de l'actuel premier secrétaire du PS. Sans primaire ouverte, c’est impossible. Il y a déjà Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon qui vont partir seuls, et peut-être Fabien Roussel, cela fait déjà au moins quatre candidature à gauche ».

Reste une inconnue: Raphaël Glucksmann allait-il saisir cette invitation de ses supporters pour s’imposer au PS? Rien n'est moins sûr. Si son parti salue le résultat du vote des militants PS, y voyant « une main tendue » que « nous saisissons », écrivent les cadres du mouvement dans un communiqué, le député européen cultive l’ambiguïté. Elle n'a pas été levée vendredi lors d'une réunion entre Raphaël Glucksmann et le sénateur PS de l’Oise Alexandre Ouizille, l’ex-sénateur PS de Paris David Assouline et le sénateur écolo Yannick Jadot, selon nos informations. Et pour cause, le patron de Place Publique et Olivier Faure avaient planifié un duel à deux. « Glucksmann avait accepté une primaire au PS si et seulement si il se retrouvait en final face à Olivier, pas avec les petites candidatures qu’il considère comme illégitimes, d'où la double primaire qui était proposée », explique l'un de ses proches lieutenants au Média.  

« On nous demande de choisir entre la peste et le choléra » Un député socialiste 

Or, ce scénario semble s'éloigner avec une inflation de candidatures au PS. Actuellement, deux candidats sont officiellement déclarés. Le député de l’Eure Philippe Brun, qui cherche à se faire connaître au niveau national et... Ségolène Royal. Vingt ans après sa campagne présidentielle contre Nicolas Sarkozy, l’ancienne ministre et ex-compagne de François Hollande promet une « initiative avec humilité et sans égo ». De quoi faire ricaner sous cape ses petits camarades. « Elle se présente pour faire chier François », griffe l’un d’eux, rappelant leurs relations à couteaux tirés, tandis qu’un autre déplore que le PS « semble avoir plus de candidats que d’adhérents ». D'autres personnalités socialistes ont décidé de contourner le processus de la primaire, comme François Hollande, qui a créé son association de financement mais aussi le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane. « Vous imaginez le sketch si tout ce petit monde se retrouve sur un plateau ? », soupire un proche d'Olivier Faure. 

François Hollande ou Raphaël Glucksmann? « On nous demande de choisir entre la peste et le choléra », soupire un député socialiste, qui ne souhaite pas le retour de son ancien patron et se méfie de celui de Place Publique. Seule certitude, « Mélenchon est un rouleau compresseur et nous, on est à la ramasse alors que le RN est aux portes du pouvoir », estime notre source. Le PS a encore quelques semaines pour tenter d'inverser la tendance. 

LOU BENOIST/AFP

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