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USA : Make Elections great again

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USA : Make Elections great again

“Make elections great again”, le podcast du Média qui vous propulse, avec humour et précision, au cœur de l’élection présidentielle américaine...

Sanders, fin de rêve

Le sort en est jeté. Joe Biden affrontera Donald Trump lors de l’élection présidentielle de novembre prochain. Alors suite au retrait de Bernie Sanders de la course à l’investiture démocrate, en pleine épidémie du covid-19, l’heure est au bilan.

Mis sous pression par l’establishment démocrate et abandonné par les médias, Bernie Sanders a annoncé son retrait de la campagne pour l'investiture démocrate le 8 avril dernier. Ne se sentant pas en mesure de devancer Joe Biden avant la fin de cette primaire, la dynamique interne du parti et la pandémie actuelle auront finalement eu raison de sa candidature. La crise sanitaire actuelle valide pourtant deux points essentiels du programme du candidat socialiste : le “medicare for all” et le financement de son programme. Mais cela n’aura pas suffi.

Retour sur une chronologie de crise

Depuis le début de l’épidémie, la primaire démocrate ne bénéficie plus de l’attention médiatique nécessaire à Bernie Sanders pour espérer remonter le nombre de délégués nécessaires pour rattraper Joe Biden. De plus, dans une situation nécessitant les plus grandes précautions sanitaires, maintenir sa candidature impliquait aussi la probabilité de se voir désigné responsable des risques encourus par les électeurs en cas de maintien des votes physiques. Alors après le ralliement massif des cadres du parti derrière Joe Biden, le soldat Sanders faisait désormais cavalier seul.

Tout avait pourtant bien commencé. Lors des deux premiers votes en Iowa et au New Hampshire, Bernie Sanders, suivi par Pete Buttigieg et Amy Klobuchar, avait fait un bon lancement de campagne. Joe Biden semblait à ce moment-là sur le point de s’effondrer, avec une quatrième ou cinquième place et des scores décevants pour un ancien vice président. La victoire écrasante de Sanders au Nevada semblait alors entériner une première phase d’une campagne qui s'annonçait sous de bon auspices

Mais c’était sans compter sur un revirement spectaculaire, à partir de la primaire en Caroline du sud et lors du Super Tuesday, où l’on a vu tous les candidats centristes abandonner et se rallier derrière Joe Biden. Après une première période au cours de laquelle le parti démocrate peinait à trouver un candidat viable comme alternative à Sanders, la victoire de Biden dans les États du sud lui a en effet permis de relancer une dynamique qui s'avérera par la suite impossible à contrer.

Bernie Sanders trop à gauche ?

Alors dans les discours de ses adversaires, Bernie Sanders a souvent été décrié pour ses idées “trop à gauche” et qui ne lui auraient pas permis de battre Donald Trump. Mais au regard de la situation actuelle et après l’échec d’Hillary Clinton en 2016 dans un modèle stratégique similaire, cela interroge sur la posture démocrate.

Face au bilan humain désastreux causé par l’épidémie de Covid-19, le Medicare for all ou plan de nationalisation du système de santé, proposé par Sanders n’a jamais semblé aussi pertinent. Quant au volet budgétaire de son programme, souvent attaqué car jugé irréaliste, avec plus de 6 000 milliards de dollars débloqués en urgence par le Congrès et la Réserve Fédérale (FED), Sanders pouvait désormais balayer les critiques de ses adversaires d’un revers de la main.

Mais derrière ce “procès en socialisme” se cache la probable volonté de l’establishment démocrate de protéger les intérêts des groupes industriels et financiers qui les financent. Lors de sa campagne, Sanders n’a pas non plus voulu critiquer trop ouvertement Joe Biden. Certains observateurs de gauche ont ainsi critiqué la stratégie de Sanders qui consistait à “rentrer dans le moule” du parti démocrate et à se montrer conciliant. Une image qui contraste avec le Sanders “original” de 2016. Une attitude qui n’a pas permis de mettre en lumière les limites de Biden en vue d’un duel face à Trump et lui aurait aussi manqué afin de convaincre les électeurs, notamment les plus jeunes.

La victoire des idées

Sanders a ainsi eu du mal à jouer la carte de la communication personnalisée et à prouver à certaines parties de l’électorat qu’il était capable de représenter leurs intérêts. Paradoxalement pour celui qui a été très proche du mouvement de Martin Luther King dans les années 60, cela s’est ressenti dans le faible vote des afro-américains de plus de 40 ans. Dans les états du sud des États-Unis, une part importante de cet électorat ne fait pas confiance à l’électorat blanc pour voter Sanders. Une partie de ces électeurs craignent en effet que celui-ci ne soit pas élu face à Trump en raison du vote de l’électorat blanc qui préférerait voter Trump plutôt que de payer des taxes plus importante par exemple… Ce qui fait que même s'ils adhèrent à son programme cela ne se traduit pas forcément dans les urnes.

Lors de son discours de retrait, Bernie Sanders a ainsi souligné cette victoire des idées. L'adhésion massive des moins de 45 ans à ses propositions et la progression assez importante des votes latinos pourraient ainsi être décisives pour peser sur le programme démocrate en vue de l’élection générale de novembre prochain. Cet électorat latino pourrait également constituer un vivier d’électeurs pour le futur candidat de gauche qui prendra le flambeau de Sanders lors des échéances présidentielles à quatre ou à huit ans.

Dans le contexte épidémique du coronavirus, Sanders peut peser sur le Sénat et donc sur l’approche du parti démocrate au Congrès dans la gestion de la crise. Il lui reste désormais à imposer certains éléments programmatiques, tels que le green new deal ou l’ouverture à autorisation pour le gouvernement fédéral de fabriquer des médicaments génériques, lors de la présidentielle. Avec cette crise du Coronavirus, une prise de conscience se fait donc jour dans la population. De nouveaux mouvements de grève apparaissent dans un mouvement ouvrier et une gauche qui était à un niveau historiquement faible. Ce contexte pourrait se montrer favorable à la gauche américaine lors des prochaines échéances électorales. Demeurent donc des raisons d’espérer...

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