Affaire Shortcut Events : Refus de perquisitionner, quand l’Elysée se met hors la loi
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Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron a refusé aux magistrats l’accès au château mardi 14 avril, dans le cadre d’une perquisition dans l’affaire Shortcut Events.
En France, perquisitionner les lieux de pouvoir n'est jamais facile mais pour tenter d’accéder à l’Elysée, il faut s’accrocher. Deux juges d’instruction parisiens et des policiers de la brigade financière et anti-corruption, l’ont encore appris à leurs dépends mardi 14 avril, quand ils ont été refoulés à l’entrée du château avec leurs greffières. C’est le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Georges-François Leclerc, qui a empêché les enquêteurs d’entrer à l’Elysée, selon nos informations.
Les magistrats tentent d’en savoir plus sur les mystérieuses conditions d'attribution de marchés publics pour les cérémonies au Panthéon, toujours obtenus par la même entreprise, Shortcut Events, sur la période 2002-2024, comme l’a révélé le Canard Enchaîné. Ce refus de l’Elysée de se soumettre à la justice n’est pas une première. En 2007, à la fin de l’ère Chirac, deux magistrates avaient elles aussi été refoulées de l’Elysée, dans le cadre d’une enquête sur les pressions exercées sur la justice dans l’affaire du meurtre du juge Borrel, assassiné en 1995 à Djibouti.
Des magistrats impuissants face au président de la République
Les deux magistrates, accompagnées de greffières et de policiers, avaient été bousculées par les gardes républicains et obligées de quitter les lieux, se voyant opposer le fameux article 67 de la Constitution, les obligeant à dresser leur PV sur les poubelles du château. Le message est clair: en France, c’est le président de la République qui décide où et quand la justice commence et s’arrête…
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Je m'abonne et je soutiens la presse indépendanteAFP - Patrick Kovarik