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Enquête, Marseille. L’adjoint double et les fantômes de l’hôtel de Ville

Par Olivier-Jourdan Roulot et Xavier Monnier

Retrouvez les contenus de ces auteurs : page de Olivier-Jourdan Roulot et page de Xavier Monnier.

Mardi dernier, Michèle Rubirola a arrêté les délégations de ses adjoints. Parmi les 30 désignés par le conseil municipal, deux manquent à l’appel : placés en garde-à-vue il y a deux semaines dans l’enquête sur les procurations dans les quartiers nord de la ville, Roland Cazzola et Marguerite Pasquini n’ont pas reçu d’attribution. Ils ne sont pas les seuls à avoir des soucis avec la justice. Parmi les délégués, l’un d’eux utilise parfois une fausse identité...

L’annonce des attributions des délégations était très attendue, mais une question plus souterraine agitait la mairie et occupait les esprits ces dernières heures : quelles conséquences auraient les développements judiciaires des derniers jours sur le pacte de gouvernance passé entre Michèle Rubirola et la sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali ? Révélée par Le Média (voir nos articles des 6 et 17 juillet), l'enquête diligentée par le parquet de Marseille sur une possible fraude aux procurations n'annonce rien de bon pour la madone des quartiers nord, dont l'entourage le plus proche est cerné par les investigations des fonctionnaires de la brigade financière.

Absents à l'appel

Le document (à consulter ici) a été transmis aux rédactions mardi dernier. Après un message préliminaire de Michèle Rubirola, il déroule la longue liste des attributions de la nouvelle mandature qui se met en place – et qui s'ouvre avec le 1er adjoint, le socialiste Benoît Payan, surnommé par certains le-maire-qu’on-sort (ou consort?). Petite curiosité, les adjoints sont référencés simplement par leur nom et leur délégation. Une façon comme une autre de ne pas insister sur le fait que ce casting final obtenu dans la douleur comporte seulement 28 noms sur les 30 adjoints élus le 4 juillet.

Enquête, Marseille. L’adjoint double et les fantômes de l’hôtel de Ville
La couverture du communiqué de presse de la ville de Marseille annonçant les délégations des adjoints de Michèle Rubirola

Absents de cette distribution des rôles, Roland Cazzola et Marguerite Pasquini avaient été placés en garde à vue il y a dix jours comme nous l’avions relaté, dans le cadre de l’affaire des fausses procurations. En compagnie d’une militante et d’un commandant de police, patron du commissariat du 15e arrondissement. La directrice de cabinet et assistante parlementaire de Samia Ghali, Charlotte Laugier, avait pour sa part été interrogée sous le statut de suspect en audition libre. Le 6 juillet, une première série d’auditions avait concerné uniquement des policiers.

Jurisprudence éthique

Roland Cazzola et Marguerite Pasquini occupaient alors deux des cinq places d'adjoints arrachées par l’ex-socialiste Samia Ghali pour prix de son ralliement au Printemps marseillais. Le premier devait hériter de la délégation aux emplacements (qui délivre les autorisations d’occupation de l’espace public notamment pour les terrasses des bistrots et des restaurants, organise les marchés et gère les baux commerciaux), la seconde devait être nommée à la tête des centres communaux d'action sociale (CCAS). Respectivement 11e et 22e adjoints, ils sont désormais des adjoints fantômes sans délégation ni indemnités complémentaires

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Les photos officielles de Roland Cazzola et Marguerite Pasquini

Sollicitée pour un décryptage de cette décision qui tient à l'écart deux adjoints élus il y a tout juste trois semaines - ils le restent, puisqu'il faudrait un nouveau vote pour leur retirer cette qualité –, la maire de Marseille n’a pas pu eu le temps de répondre à nos questions.

De son côté, l'entourage de Samia Ghali minimise les faits, expliquant que les personnalités interrogées étaient ressorties « sans mises en examen ». Pas de quoi en tirer des conclusions hâtives : en effet, aucune mise en examen n’est possible dans le cadre d’une enquête préliminaire. Seul un juge d’instruction, quand une information est ouverte, est habilité à en prononcer.

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Sur la photo officielle, le 10 juillet, ils étaient bien 30 avec leurs écharpes tricolores d'adjoints autour de Michèle Rubirola (compte twitter de la ville de Marseille)

L'absence de Mme Pasquini et M. Cazzola du casting final a pourtant tout d'une sanction. Elle est en cohérence avec la ligne de fermeté sur laquelle l'écologiste Michèle Rubirola a été élue concernant les questions de probité, en rupture avec les pratiques du microcosme marseillais (droite et gauche confondues). « Toute autre position aurait été intenable, relève en off un élu de la majorité. La ligne est fixée clairement : probité, exigence, transparence, pas de passe-droits ».

Sur le sable, une ambition béton...

Entre l'affaire des procurations et la non-attribution des délégations, les sujets de friction entre le clan de Samia Ghali et la majorité de Michèle Rubirola ne manquent pas. Ainsi, la question du logement risque, selon nos informations, de provoquer des vagues et du tumulte.

Une petite histoire dont Le Média a eu vent en témoigne de façon éloquente. Au lendemain de la victoire du 3e tour et de l’accord arraché au forceps entre le Printemps et Samia Ghali, les acteurs de la campagne avaient besoin de souffler. Samia Ghali a choisi de passer ce premier dimanche de repos sur la Côte-d’Azur.

Sur une plage privée de Cannes, l’élue retrouve d’autres Marseillais, à l’heure du déjeuner. Des promoteurs immobiliers qui eux aussi préfèrent ce bord de mer à celui, plus populaire, de leur ville. Un hasard, cette rencontre à 180 km du Vieux-Port ? Peut-être. À moins que ces retrouvailles opportunes aient été l’occasion d’évoquer le futur immédiat. Car si elle s’est résignée à ne pas enfiler l’écharpe de 1ère adjointe, Samia Ghali a néanmoins obtenu le principe d’une très large délégation (égalité des territoires, relations euroméditerranéennes, attractivité et grands événements) qui lui laisse toute latitude d’action et une position en vue. Un dossier en particulier l’intéresse au plus haut point : le logement. Un sujet majeur pour la seconde ville de France, avec des besoins immenses pour les classes les plus populaires, du centre-ville aux quartiers nord.

Au sein de la nouvelle majorité, certains voient d'un très mauvais œil la sénatrice tenter de préempter une question et des dossiers aussi essentiels. D'autant qu’un lourd parfum d’affairisme flotte autour d’elle et de son mari Franck Dumontel. Ce dernier est passé des affaires publiques aux affaires tout court. Ex-directeur de cabinet des présidents de la Région Michel Vauzelle, puis de la communauté urbaine Eugène Caselli, il a créé en 2011 son propre cabinet de conseil aux entreprises. Il entretient ainsi des relations étroites avec des promoteurs. Le couple aimerait jouer un rôle dans la reconstruction de Marseille. Or, pour le Printemps Marseillais, la question du logement demeure centrale. Né dans les ruines et les gravats de la catastrophe de la rue d’Aubagne, la coalition de gauche a fait de cette cause plus qu’un thème de campagne et de gouvernement : un étendard.

« Jusqu’où on continue ? »

Déjà sous-jacentes, les tensions autour de cette question du logement explosent en coulisses avec les soucis judiciaires de l’entourage de Samia Ghali. Après l’élargissement au nord de l’enquête sur les procurations – qui a d’abord concerné des secteurs sud de la ville, tenus par la droite -, une élue a signalé le danger.

Représentante de la frange la plus à gauche du mouvement, Marie Batoux habite Noailles. Elle a même été délogée lors des opérations d’évacuation qui ont suivi le drame de la rue d’Aubagne, et qui ont touché des milliers de Marseillais. Un bon millier reste en carafe à ce jour. Directrice de campagne de Michèle Rubirola, Marie Batoux s’est beaucoup impliquée dans le collectif du 5 novembre (2018), lorsque huit personnes avaient été ensevelies sous les décombres, presque sous ses fenêtres.

Parmi les différentes combinaisons en discussion après l’élection du 4 juillet, l'une prévoit de lui attribuer la délégation au logement. Restaient à distribuer les présidences des organismes associés et des sociétés dépendantes de la ville, et notamment Marseille habitat. Lors des négociations qui ont suivi le 3e tour, le nom de Samia Ghali a semblé se détacher. Inacceptable pour Mme Batoux. Au lendemain de nos premières révélations, cette ancienne membre du Front de gauche a brandi un article sur l’affaire des procurations devant Benoît Payan, maître d’œuvre, à côté de Michèle Rubirola, du grand casting en cours. Pour l’interpeller : « voilà, ça commence ! Jusqu’où on continue ? »

Marie Batoux a finalement hérité de la délégation à l’éducation populaire. À ce jour, Samia Ghali est programmée pour être la candidate de la ville à la présidence de l’établissement public d’aménagement Euroméditerranée, acteur incontournable sur la question de l’urbanisme dont le renouvellement interviendra l’année prochaine.

Le recours nucléaire du Printemps

Le louable souci d’éthique affiché par la maire de Marseille Michèle Rubirola n’a pour l'heure pas entravé les ambitions de la sénatrice ex-PS, dont la hotte de seconde adjointe a été bien garnie, avec une délégation à l'intitulé suffisamment vague et long pour laisser la place à beaucoup de choses. Dans l'affaire des procurations, l’ex-candidate à la succession de Jean-Claude Gaudin repousse toute responsabilité personnelle. « Il n’y a pas d’affaire Ghali, a-t-elle déclaré à La Provence le 18 juillet. Trouvez-moi une personne à Marseille qui puisse dire que j’ai imposé, demandé, voire quémandé une procuration et là oui il y aura une affaire Ghali, mais vous ne la trouverez pas ».

De toute façon, s’il y avait le moindre problème cela se saurait : « Il y avait 13 candidats et il n’y a pas eu de recours », a-t-elle encore expliqué à la presse locale qui l’interrogeait à la sortie d’un conseil de la métropole, au lendemain de la série de mises en garde-à-vue.

Pourtant, d’après nos informations, cette menace d’un recours a bien été agitée sous le nez de l’élue des quartiers nord tout au long des négociations engagées entre les 2e et 3e tours. Plusieurs sources l’ont affirmé au Média : cette hypothèse a lourdement pesé dans les discussions. Elle a servi d'arme nucléaire pour convaincre l’intéressée de se rallier à la coalition sortie en tête dans les urnes. « Pendant la semaine de négociations, Franck (Dumontel, le mari de Ghali, ndlr) a beaucoup insisté sur cet élément, confirme un membre du Printemps désormais au conseil municipal. Il n’avait qu’une obsession : qu’il n’y ait pas de recours ».

Cette menace d'une action devant le juge des élections a été associée à celle d’une démission en bloc de l’ensemble des conseillers municipaux du Printemps Marseillais. Avec pour conséquences de nouvelles élections, qui auraient obligé l’ex-égérie du PS à justifier pareil choix (si la ville basculait à droite) devant les électeurs. Ces éléments témoignent de la nature et des conditions dans lesquelles le pacte de gouvernance du 4 juillet a été scellé entre la maire sortante du 8e secteur et ses nouveaux alliés, qui avaient juré sa perte pendant la campagne.

Enquête, Marseille. L’adjoint double et les fantômes de l’hôtel de Ville
Avant le second tour, Samia Ghali dénonce dans un communiqué "L'irresponsabilité politique et l'inconscience" de ceux pour qui elle est alors la femme à abattre. Troisième au premier tour dans son secteur, derrière le RN, le Printemps marseillais a choisi de se maintenir, refusant la fusion. Une "insulte" pour la sortante

Par ailleurs, sans préjuger des suites de l’affaire des procurations, Samia Ghali est toujours la cible d’investigations du Parquet national financier. Ouverte en 2016, une enquête préliminaire examine les conditions dans lesquelles son patrimoine immobilier a été constitué. Les enquêteurs épluchent les subventions attribuées par l’élue à travers ses différents mandats et vérifient les conditions d’embauche de plusieurs membres de sa famille dans les collectivités locales. Une enquête « toujours en cours », comme l'a confirmé un représentant du PNF au Média.

Les Jibrayel : Sébastien devant, Henri derrière

Dans la liste des adjoints qui ont reçu leur délégation, un colistier de Mme Ghali a lui aussi eu à répondre à quelques interrogations de la justice.

Depuis ce mardi, Sébastien Jibrayel est le nouvel adjoint au sport. Une belle promotion pour ce quadra : à la ville, les sports constituent une charge importante. Si l’adjoint n’a pas seul la main sur les subventions, il peut rendre bien des services – placer des gens, obtenir des autorisations, faciliter toutes sortes de demandes, dénicher le billet introuvable pour assister aux maths de l’OM.... Bref, le genre de position utile pour qui veut faire carrière.

Élu à la région jusqu’en 2015 sous la dernière mandature Vauzelle puis secrétaire national adjoint du PS sous Cambadélis, Sébastien Jibrayel est d’abord le fils de son père : l’ex-député (2007-2017) Henri Jibrayel, personnage haut en couleurs et socialiste bon teint des quartiers nord. Le fils, Sébastien, était en 4e position sur la liste « Marseille avant tout avec Samia Ghali », juste avant Marguerite Pasquini.

Des années durant, les relations entre papa Henri et le clan Ghali ont été conflictuelles, avec plusieurs débordements qui ont ambiancé le quotidien de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Ces derniers temps pourtant, Henri Jibrayel ne trouvait que des qualités à l’énergique sénatrice. Il a mouillé la chemise pour la soutenir.

Enquête, Marseille. L’adjoint double et les fantômes de l’hôtel de Ville

Les Jibrayel n’ont lésiné sur rien, apportant leur nom à la campagne, leur implantation notamment à l’Estaque, leurs militants et leurs réseaux. Parmi ceux-là, des policiers.

Entre amis

Avant la politique, Henri Jibrayel était syndicaliste, aux PTT. A la fin des années 90, quand il fait ses premiers pas au PS marseillais, il amène du monde dans son sillage : des policiers notamment, qui font les troupes du service d’ordre du parti. Or parmi les cinq fonctionnaires de police mis aujourd’hui en cause dans l’affaire des procurations, Le Média a découvert que la plupart étaient encartés à Unité Police, un syndicat né d’une scission de l’UNSA. Celui... dont Henri Jibrayel était un éminent dirigeant.

L’ex-député connaît bien par ailleurs le commandant Gil, patron du commissariat du 15e arrondissement. Celui qui a été placé en garde-à-vue jeudi 16 juillet et dont les relations avec le clan Ghali sont sous la loupe des enquêteurs. Joint la semaine dernière par Le Média, Henri Gil nous a indiqué qu’il ne souhaitait pas réagir.

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Le 8 mai dernier, devant un monument aux morts à l'Estaque, Henri Jibrayel, Roland Cazzola et Samia Ghali regardent dans la même direction, sur cette photo postée par le premier sur son compte twitter

Ce n’est pas tout. Chez les Jibrayel, une date est cerclée de rouge sur l’agenda familial : fin août, le paternel est convoqué au tribunal correctionnel dans un de ces dossiers de clientélisme qui font le sel de la vie politique locale. Il comparaîtra devant la 6e Chambre, celle des affaires économiques et financières, qui juge notamment les atteintes à la probité. Il est poursuivi pour des croisières que le député, alors en quête de réélection à l’Assemblée nationale, avait offertes à des seniors via des associations qu’il contrôlait. Ces structures – dont certaines sans adhérents, cotisations ni ressources propres – étaient généreusement arrosées de subventions du Conseil général des Bouches-du-Rhône, où Jibrayel père est toujours élu.

Joint au téléphone par Le Média, Sébastien Jibrayel ne se sent pas concerné par le sujet. S’il soutient « à 100 % » son père, victime selon lui de dénonciations de « braves gens qui ne sont pas arrivés à le battre dans les urnes », il estime n’avoir rien à voir là-dedans : « Je ne suis pas dans le truc, moi ! ». Et il ne voit pas le problème : « Je m’appelle comment ? Je m’appelle... comment ? ».

« Garcia » Jibrayel

La question est posée, à plusieurs titres. D’abord parce que les sorts du père et du fils Jibrayel sont en réalité très étroitement liés. Politiquement : le paternel a pesé de tout son poids pour que son héritier fasse lui aussi son trou, notamment pour lui garantir des places éligibles sur les listes électorales ; le fils a été son assistant parlementaire pendant des années – avant que ce type d’emplois familiaux ne soit définitivement proscrit. Dans le dossier judiciaire, celui de l'affaire des croisières pour les seniors, son nom apparaît par ailleurs à de nombreuses reprises. Même s’il n’est pas cité à comparaître devant le tribunal.

À parcourir l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel en date du 3 août 2018, le nouvel adjoint au maire de Marseille a joué un rôle actif dans plusieurs épisodes de cette affaire. Comme quand il a fallu s’assurer qu’un adversaire politique ne vienne perturber le fonctionnement d’une de ces associations sous leur contrôle, à laquelle il prétendait offrir... des crêpes. Le père Jibrayel avait dû mettre le holà pour empêcher cette indésirable prodigalité. Et les deux Jibrayel s’étaient déplacés au siège de cette association d’entraide afin de s’assurer que les ordres étaient bel et bien respectés.

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Un des fournisseurs d’une de ces associations, qui distribuait aux petits vieux des réveils siglés Jibrayel, a expliqué aux enquêteurs qu’il avait deux hommes comme donneurs d’ordre : Sébastien et Henri... Garcia. Ce patronyme est celui du responsable officiel et prête-nom de la structure. Le même témoin a ensuite reconnu Jibrayel père et fils sur des photos.

Sébastien « Garcia » Jibrayel a d’ailleurs tenté d’aider ce fournisseur à... témoigner au mieux, en l’appelant en pleine procédure, toujours sous son alias, pour lui recommander de ne pas citer le nom des Jibrayel. En novembre 2013, Sébastien Jibrayel avait d’ailleurs été entendu pendant près de 30 heures par les enquêteurs. Sous le régime... de la garde-à-vue. •••

Mise à jour le 27 juillet, 15h  : on vient de l'apprendre, Samia Ghali a décidé de démissionner de son fauteuil de sénatrice pour se consacrer à son poste de second adjoint.

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