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Après la mort de Quentin : l’extrême droite attaque le syndicat Solidaires à Lyon
Le Journal des Luttes du 17 février 2026.
Dans la nuit du 14 au 15 février 2026, le local de l’union départementale Solidaires du Rhône, situé dans le 3ᵉ arrondissement de Lyon, a été la cible d’une attaque violente. Selon le syndicat, un individu au visage dissimulé a frappé à plusieurs reprises l’entrée du bâtiment à l’aide d’une barre de fer, sans parvenir à s’y introduire.
Une plainte doit être déposée.
Pour les militants, ces dégradations ne relèvent pas d’un simple fait divers. Elles s’inscrivent dans un climat de tensions politiques croissantes dans la capitale rhodanienne, où plusieurs organisations dénoncent depuis des années la présence active de groupuscules d’extrême droite. Un climat de menaces et d’intimidation Dans un communiqué publié après les faits, Solidaires du Rhône évoque une série d’actes hostiles visant ses locaux. Des dégradations avaient déjà été constatées fin octobre, lorsque de la colle avait été introduite dans la serrure du bâtiment. « Ces attaques rappellent que la lutte des classes n’a rien de métaphorique », écrit le syndicat, qui affirme poursuivre ses activités malgré les intimidations.
Dans l’interview accordée au Journal des Luttes, un militant syndical, resté anonyme pour des raisons de sécurité, décrit un climat devenu « extrêmement dégradé ». « Aujourd’hui, pour qu’un syndicaliste s’exprime publiquement à Lyon, il faut prendre des mesures pour protéger son identité », explique-t-il, évoquant la multiplication des mises en cause sur les réseaux sociaux et la peur de représailles. Le local syndical est pour l’instant fermé, et les activités ont été délocalisées. Les salariés continuent néanmoins leur travail d’accompagnement juridique et social, dans des conditions jugées « très difficiles ».
Un contexte politique explosif
L’attaque intervient dans un moment de forte tension, marqué par la mort récente d’un militant d’extrême droite et par des accusations médiatiques visant la gauche. Solidaires du Rhône dénonce notamment les propos tenus sur une chaîne d’information continue par la porte-parole du collectif d’extrême droite Némésis, qui aurait associé le syndicat à des violences sans apporter de preuves. « Ces procédés nous désignent comme des cibles », affirme l’organisation dans son communiqué, estimant que ce type de discours contribue à alimenter un climat hostile.
Depuis une quinzaine d’années, Lyon est régulièrement décrite par des observateurs et par les autorités locales comme un point d’ancrage important de l’extrême droite radicale. Selon le syndicaliste interrogé, les services de l’État évoqueraient plusieurs centaines de militants actifs dans l’agglomération. Il dénonce également ce qu’il considère comme une « complaisance passée » des pouvoirs publics et un renvoi dos à dos des violences politiques. Entre colère et inquiétude Face à l’attaque, les militants oscillent entre inquiétude et détermination. « On est à la fois en colère et préoccupés pour nos adhérents », confie le syndicaliste. L’organisation affirme vouloir poursuivre ses actions, notamment contre les lieux de rassemblement de groupuscules radicaux et à travers des initiatives intersyndicales de vigilance antifasciste. Solidaires du Rhône estime que la réponse ne peut être uniquement sécuritaire.
Pour ses membres, la lutte contre l’extrême droite passe aussi par la mobilisation sociale et syndicale : « Quand les luttes sociales sont fortes, les idées d’extrême droite reculent », explique leur porte-parole anonyme.
Malgré les attaques et la fermeture temporaire de leur local, les militants assurent vouloir continuer leurs activités dans les entreprises, dans les rues de Lyon et dans l’ensemble du département.