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« Sales connes » : Ciblée par une plainte, Brigitte Macron poursuit son opération d’enfumage

Par Nils Wilcke

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Insulte filmée, excuses calibrées : autour de Brigitte Macron, la polémique "des sales connes" sert d’écran de fumée, pour disqualifier celles qui dérangent l’ordre établi et reléguer au second plan des accusations bien plus dérangeantes.

Brigitte Macron s’est dite « désolée » d’avoir « blessée » les femmes « victimes » lundi soir, lors d’un échange avec Brut. Cette contrition ne s’étend pas aux militantes féministes de « Nous toutes » traitées de « sales connes » par la femme du président de la République, qui critique une fois de plus leur happening réalisé lors du spectacle de l’humoriste Ary Abittan, le 6 décembre, aux Folies Bergères, à Paris. Le Média était d’ailleurs la seule télévision présente pour couvrir cette manifestation pour protester contre le non-lieu prononcé par la Justice pour l'humoriste (ce qui ne signifie pas qu'il est innocent mais seulement que les charges n'étaient pas suffisantes).    

Une défense peu crédible 

L’épouse du chef de l’Etat affirme aussi qu’elle ignorait qu’elle était filmée à ce moment-là: « Je n’aurais pas employé ces termes en public, je n’ai pas vu que quelqu’un derrière moi filmait », explique-t-elle face caméra. Une défense peu crédible : l’auteur des images, un photographe de Bestimage, était clairement identifié lors de la soirée, comme l’a détaillé « Le Parisien »
Il s’agit d’un professionnel réputé, selon le journal, qui précise que Brigitte Macron était accompagnée de sa fille Tiphaine Auzière, mais aussi de Bernard Montiel et de l'ancien Premier ministre Manuel Valls. Les vidéos ont ensuite été vendues à plusieurs médias, dont le magazine people Public, qui a diffusé la séquence montrant les insultes proférées à cette occasion, avant de la retirer. 

« En insultant ces militantes féministes, Brigitte Macron envoie un signal aux réactionnaires » Un ancien conseiller de la Macronie 

Difficile de croire que ces images ont été diffusées à l’insu de Brigitte Macron, qui entretient des liens étroits avec Mimi Marchand, la patronne de Bestimage. L’épouse du chef de l’Etat a notamment appelé la reine des paparazzis pendant son incarcération pour la violation de son contrôle judiciaire en juillet 2021, comme l’avait révélé Médiapart. Cette sortie médiatique a en tous cas réussi à faire passer un autre scandale au second plan. Brigitte Macron aurait puisé près de 2 millions d’euros dans le budget des Pièces jaunes entre 2022 et 2025 pour financer e-Enfance, selon Le Canard Enchaîné du 26 novembre. L’association est dirigée par Justine Atlan, la « trésorière du think tank macroniste Renaissance numérique », rappelle le palmipède.

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