Avec Datacritik, Julie Desrousseaux décrypte les statistiques qui façonnent le débat public. D’où viennent-elles ? Que mesurent-elles ? Une émission pour comprendre ce que les chiffres révèlent et ce qu’ils cachent.
On a enquêté sur les chiffres de la répression des mouvements sociaux
Le 17 octobre, 60 000 policiers et gendarmes ont été déployés face aux manifestants, selon le ministre de l’Intérieur. Le week-end s’est soldé par 2 331 gardes à vue, on en est à plus de 10 000 depuis le début du mouvement lycéen, dont 85% d’enfants. Le mouvement lycéen n’est pas un cas isolé. Loi Travail en 2016, gilets jaunes en 2018-2019, réforme des retraites et Sainte-Soline en 2023, « Bloquons tout » en 2025 : depuis dix ans, chaque mouvement social laisse son lot d’interpellations, d’yeux perdus et de mains arrachées. Et à chaque fois, le même débat revient : la répression s’est-elle durcie, ou les manifestants sont-ils plus violents ? Derrière, un enjeu démocratique : le droit de manifester. Une question politique d’autant plus inflammable que les chiffres sont instrumentalisés. Tire-t-on plus de grenades qu’il y a dix ans ? Envoie-t-on plus de policiers face aux cortèges, et lesquels ? Y a-t-il plus de blessés, chez les manifestants comme chez les forces de l’ordre, et qui les compte ? Place-t-on plus vite en garde à vue, et qu’advient-il ensuite de ces gardés à vue ? Dans ce nouvel épisode de Datacritik, Julie Desrousseaux confronte chacune de ces questions aux chiffres officiels.