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GILETS JAUNES, LA FAUSSE ALTERNATIVE À MACRON ET MARKEL, POUTOU, LES JEUNES ET L’UBERISATION

Au programme de l’Autre 20h, présenté par Yanis Mhamdi :
▶ FACE CAM – L’ASTUCE DU GOUVERNEMENT POUR EMBASTILLER LES GILETS JAUNES
Avec Raphaël Kempf
▶ ENTRETIEN – FERMETURE DE L’USINE DE BLANQUEFORT : VERS UNE CONVERGENCE AVEC LES GILETS JAUNES ?
Avec Philippe Poutou
▶ CHRONIQUE EUROPE – L’EXTRÊME DROITE, FAUSSE ALTERNATIVE À L’AXE FRANCO-ALLEMAND
Par Cédric Durand
▶ L’AUTRE INTERVIEW : LES JEUNES, COBAYES DE L’UBERISATION Avec Vincent Coquebert

3 comments on GILETS JAUNES, LA FAUSSE ALTERNATIVE À MACRON ET MARKEL, POUTOU, LES JEUNES ET L’UBERISATION

  1. michelle.lecolle dit :

    Bonjour
    Je me réfère à « l’autre intrerview » du programme du 30 janvier 2019. A propos des contributions de chercheurs (en Sciences sociales), voir dans le Publictionnaire la notice « Génération Y », et les textes qui y sont cités : http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/generation-y/
    Bonne lecture

  2. Ainuage dit :

    La transmission de « Vraiment Politique » Gilets Jaunes, étant sans cesse interrompue (qu’est-ce qui se passe ?) je poste ici en attendant de la regarder en différé.

    Intéressante interview de Vincent Coquebert. Les récits « générationnels » pour expliquer les comportements ont été légion ces dernières années (je connaissais les X Y Z mais pas les Millénios ou Millénium ?). Il faut s’attendre bientôt aux Millésimés : comme le pinard, tous les ans une nouvelle cuvée. Quand ça les arrange, beaucoup de sociologues confondent corrélation et explication (explication = causalité « démontrée ») ; c’est le charme du positivisme : on s’en tient aux faits, aux apparences ; le modèle prévisionnel consiste alors en interpolation et extrapolation des faits sans connaitre la loi scientifique qui expliquerait la série des observations. Pourtant Aristote, déjà, avait distingué l’empirisme (non explicatif) de la science (explicative).

    Les managers d’entreprises, les DRH, sont fous amoureux des récits générationnels : certes ce sont tous des positivistes qui s’ignorent mais, surtout, ces récits arrangent bien leurs affaires (ils n’ont pas le temps de réfléchir même s’ils en ont les capacités : on attend d’eux qu’ils solutionnent avant de comprendre : la course à la compétitivité nécessite des adaptations immédiates afin de maintenir la vente/consommation qui est l’étape sine qua non du profit cad de la transformation concrète de la survaleur du travail en capital).

    Le turn-over des salariés s’explique évidemment par les mauvaises conditions de travail et d’emploi (par exemple, tous les matins réunion d’équipe pour fixer les objectifs de la journée sous la houlette d’une appellation ridicule comme « aujourd’hui journée ‘ requin ‘ » et, le soir, réunion de bilan et d’analyse salement critique des résultats ; tout cela dans l’esprit « Youp la boom » mais « sévère » : comment « tenir le coup » en détestant mais en faisant semblant d’aimer ?). Ce qui est vrai, c’est qu’anciennes et nouvelles générations au travail aspirent à peu près aux mêmes caractéristiques de travail : stabilité et rémunération. L’épanouissement par la volatilité, le fun etc … c’est une légende basée sur la généralisation de quelques cas de fils à papa, dont les arrières sont assurés.

    L’analyse de mr Coquebert a été intéressante donc. Cependant, son exposé se termine, de mon point de vue, sur une fausse note ou plutôt sur une note ambiguë, à propos de « la fin des âges » dans la future vie, et particulièrement de la fin de l’âge de l’adolescence, et donc du concept de jeunesse. Influence Bourdieusienne ? Faut-il comprendre que « la jeunesse n’est qu’un mot », comme Bourdieu l’a affirmé à une époque ? Nier, à juste titre, la pertinence des récits générationnels qui se réfèrent à l’époque plus qu’à l’âge, ne peut se généraliser à la négation des « âges de la vie » comme le suggère mr Coquebert.
    Bien qu’admirateur de Bourdieu, je regarde les 10 pages de Bourdieu, intitulées « la jeunesse n’est qu’un mot », comme une erreur (ces pages ne sont pas du tout convaincantes). D’abord, un « mot », ce n’est pas rien, contrairement à ce que suggère Bourdieu, et à l’époque, il n’avait peut-être pas encore lu l’ouvrage de Valentin Nikolaevic Volochinov (traduction actuelle excellente de Patrick Sériot et Inna Tylkowsky-Ageera, aux éditions Lambert-Lucas Limoges), ouvrage intitulé « Marxisme et philosophie du langage », qui lui a servi, un peu plus tard, à écrire (selon certaines mauvaises langues !!!) son ouvrage « Ce que parler veut dire». Donc, « un mot » n’est pas rien, et sa vocation c’est d’avoir un sens et d’être compris, puisque tout propos ne peut que s’inscrire dans un échange de réponses, échange se référant à un contexte social. Ceci étant dit, il existe bien, pour moi, un acteur spécifique réel nommé « jeunesse » ! Qui dit acteur, dit rapport social (c’est-à-dire rapports de dépendance) ; l’acteur adversif principal de la jeunesse c’est l’acteur « adulte ». Quelle dépendance ? La principale (mais pas la seule) c’est que l’adolescence ne gagne pas sa vie, et que pour se sustenter globalement (manger étudier dormir), cette adolescence dépend des adultes (parents) qui eux « connaissent la vraie vie ». Ce rapport social (et cette simple dépendance) comme tous les rapports sociaux, suffit à déterminer une conscience particulière à la jeunesse et une autre conscience particulière aux adultes à qui la société prescrit de prendre en charge cette jeunesse. Tout comme les rapports sociaux de production déterminent chez les deux acteurs particuliers que sont la classe ouvrière et la classe capitaliste, une conscience particulière à chacun (et aussi un inconscient particulier, inconscient non freudien), le rapport de dépendance adolescent-adulte, détermine aussi une conscience particulière à chacun d’eux. Les comportements étant orientés par la conscience (et l’inconscient), il y a donc bien une typicité de comportements chez l’acteur jeunesse d’un côté, et l’acteur adulte de l’autre (le nier à propos de la jeunesse est une pure démagogie, qui relève du « jeunisme » des adultes ; souvent, les adultes ont peur de déplaire à la jeunesse, peut-être parce que la domination des âges va s’inverser dans la vieillesse).
    Le fait que le terme « adolescence » soit apparu au 19 ième siècle est peut-être dû au fait que les ados « travaillaient » – et donc gagnaient leur vie – avant la révolution. Du coup on passait de l’enfance à l’âge adulte sans passer par le stade d’adolescence.

  3. Ainuage dit :

    Je rajoute, qu’à force de nier la spécificité des âges de la vie, en descendant de proche en proche de l’adulte au nourrisson, on va aboutir de nouveau (ça a fleuri en 68 cette idée) à cette absurdité selon laquelle le nourrisson est un adulte en miniature; cad qu’il possède, dés la naissance, toutes les facultés de l’adulte, mais « en plus petit » ; et donc qu’en traitant l’enfant comme un adulte, tout va rouler !!!!

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