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« LE PEUPLE » EN POLITIQUE DEPUIS LA REVOLUTION – GÉRARD BRAS

« Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous ne sortirons que par la force des baïonnettes ». Avec cette phrase célèbre, le 23 juin 1789, le député Mirabeau rejeta l’ordre donné par le roi Louis XVI au Tiers-État de se dissoudre, alors que ce dernier, qui regroupait les représentants des habitants non-nobles du royaume, venait de se déclarer Assemblée Constituante. Était ainsi posé le cadre de la politique moderne, dont notre monde est l’héritier : le détenteur de la souveraineté n’est plus un monarque ni un quelconque individu ou groupe singulier, mais le peuple, comme communauté titulaire du droit à se gouverner elle-même. Comment, dès lors, la qualification de « populisme » peut-elle être aujourd’hui péjorative et servir à discréditer certaines formations politiques ou certaines revendications qui dénoncent l’écart entre les aspirations du peuple et l’action conduite par ses représentants ? En partant de ce paradoxe, cet épisode de « La grande H. », l’émission d’histoire du Média TV, donne la parole au philosophe et historien des idées Gérard Bras, auteur de plusieurs ouvrages sur la formation et l’évolution de l’idée de peuple en politique depuis le Siècle des Lumières. Le moment crucial, explique Gérard Bras, est bien la Révolution française : avec elle, le peuple n’est plus une masse informe et passive, qui doit être gouvernée par des autorités extérieures (le roi en particulier) au nom de Dieu ; il a désormais vocation à exercer la souveraineté, dont il est l’unique dépositaire, par le biais d’assemblées et de délégués – lesquels ne sont légitimes que dans la mesure où ils le représentent effectivement. Gérard Bras évoque les différences entre les notions de « peuple » et de « nation », ainsi que leurs rapports avec la notion d’État, à partir de la période révolutionnaire. Les pensées de Hegel et de Michelet correspondent à des développements importants de l’idée de peuple au XIXe siècle, dont on trouve ensuite la marque dans les conceptions qui président à l’action de Charles de Gaulle. Ce dernier envisage différemment le peuple selon qu’il s’agit de celui des Français, pendant la Seconde Guerre Mondiale, ou celui des Algériens pendant sa guerre d’indépendance. Aujourd’hui, face à la crise aigüe de la représentation politique dont le mouvement des gilets jaunes est l’expression la plus récente, plusieurs courants de pensée politique réactivent la notion de peuple. Gérard Bras évoque l’approche de Jacques Rancière, pour qui « un peuple » n’existe que dans les moments où une mobilisation lui donne forme. Il aborde aussi les positions d’Ernest Laclau et de Chantal Mouffe, qui défendent un « populisme de gauche » issu de la tradition d’Amérique du sud. Leurs idées influencent aussi bien Podemos, en Espagne, que le mouvement de La France Insoumise, passé à « l’ére du peuple » en 2016.

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