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Lycéens mutilés : le foutage de gueule de Nuñez
Après la mutilation d’un lycéen de 15 ans à Lens, Laurent Nuñez veut donner l’impression de reprendre la main en annonçant la suspension « provisoire » des grenades assourdissantes. Sauf que derrière cette annonce, il n’est question que d’un type de grenade, tandis que plusieurs autres restent utilisables. Et ce n’est qu’un morceau de l’arsenal policier : LBD, grenades de désencerclement, autres armes incapacitantes… Depuis des années, le scénario est toujours le même. Une arme provoque des mutilations, le pouvoir promet de revoir son usage, puis une nouvelle version prend sa place. Le nom change, la fiche technique évolue, mais la logique du maintien de l’ordre reste intacte. Et pendant ce temps, Nuñez brouille le débat, notamment en prétendant que les forces de l’ordre n’utilisent pas d’armes relevant des matériels de guerre, alors que certaines sont classées en catégorie A2 par le Code de la sécurité intérieure. Face à cette fuite en avant, des parlementaires demandent l’interdiction des armes mutilantes contre les mineurs et Amnesty réclame l’interdiction des grenades assourdissantes. Parce que le problème n’est pas seulement l’arme qui blesse. C’est le choix politique de continuer à l’utiliser.