Parler en ayant le temps de développer, sans courir le risque d’être (trop) interrompu entre deux tunnels publicitaires. L’espace idéal pour exposer des idées nouvelles et/ou dissidentes, rapporter des informations de la plus grande importance, réagir à une actualité trépidante.
Lula peut-il encore éviter le pire : Bolsonaro fils, aux portes du pouvoir au Brésil
Stupeur au Brésil, Flavio Bolsonaro, candidat d’extrême-droite et fils de l’ex-président Jair Bolsonaro, est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne qui s’est tenue dimanche 4 octobre dernier. Lula est quant à lui arrivé en 2ème position. Tout va se jouer le 25 octobre prochain. Le plus inquiétant, c’est qu’à l’Américaine du Sud passerait presque intégralement à l’extrême-droite. Rien n’a semblé en mesure de stopper la montée en puissance du fils Bolsonaro, pas même des accusations de corruption et de blanchiment d’argent… Si l’abstention a marqué un record avec 30 millions de personnes, soit 21% du corps électoral, qui sont restés chez elles, rien ne dit que ces “indécis” pencheraient du côté de Lula, qui brigue un 4ème mandat.
Malgré un bilan économique intéressant avec un chômage ramené à 5,3% et 14 millions de personnes sorties de la pauvreté, la candidature de Lula n’a pas résisté à l’inflation et des accusations portées à l’encontre du juge de la Cour suprême fédéral, Alexandre de Moraes, qui avait fait condamner Jair Bolsonaro à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat. Scandale dont Flavio a su profiter lors de ce scrutin. En terme de programme, c’est toujours pareil : on promet la sécurité et des coupes budgétaires partout et… et c’est tout.
Rien n’est encore joué, loin de là, mais quand bien même Lula venait à remporter l’élection, il ne pourrait pas faire grand chose, car les élections législatives ont vu le Sénat passé aux mains du parti de Bolsonaro et de ses alliés, avec 43 sièges obtenus sur 81… Et Flavio Bolsonaro dispose d'une réserve de voix tout de même intéressante. Pour décrypter tout ça,Irving Magi a reçu Silvia Capanema, maîtresse de conférence à l’Université Sorbonne Paris Nord.