Au cœur des procès, Nadia Sweeny raconte les affaires qui éclairent notre société. Avec les dessins d’Ana Pich, À la barre donne vie aux audiences, confronte les récits et décrypte les enjeux jurdiques, politiques et sociaux qui se jouent au tribunal.
Des blocus à la garde à vue : ce que la justice réserve aux lycéens
Entre le 21 septembre et le 15 octobre, 7 950 jeunes ont été placés en garde à vue. 85 % mineurs. Alors que la justice pénale des mineurs doit faire primer l’éducatif sur le répressif, ces jeunes ont été soumis à des conditions de garde à vue alarmantes, des déferrements systématiques, des droits fondamentaux bafoués... « Du jamais vu en matière de mineur ! », s’alarment avocats, magistrats et éducateurs spécialisés. Et le huis clos de cette justice des mineurs rend cette réalité peu exposée. Alors que moins de 35 % de ces gardes à vue ont débouché sur des poursuites, les procureurs appliquent les consignes ministérielles de fermeté. En face, les juges du siège s’y opposent. Mais déjà, les arrestations et les déferrements massifs ont diffusé leur message politique. Résultats beaucoup de jeunes repartent avec l’idée que manifester vous conduit en garde à vue. Était-ce donc le but ? A la barre vous vous emmène au cœur de la répression du mouvement lycéen et de ces mécaniques.