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SPÉCIALE EUROPÉENNES : FAUT-IL ALLER VOTER ?

Invités :
– Etienne Chouard, enseignant, partisan du RIC
– Coralie Delaume, essayiste, auteure de « Le couple franco-allemand n’existe pas »
– David Koubbi, avocat, auteur de « Une contestation française »
– Raquel Garrido, avocate, ex porte-parole de la France Insoumise
– Virginie Rozière, eurodéputée PRG, démissionnaire de la liste PS
– Renaud Muselier, président région PACA LR, ex député européen
– Sergio Coronado, candidat de la France Insoumise aux élections européennes
– Antoine Peillon, journaliste, auteur de « Voter, c’est abdiquer » et « Coeur de boxeur : le vrai combat de Christophe Dettinger ».

Faut-il aller voter ? Les jeux sont-ils déjà faits ? L’Union Européenne est-elle un obstacle à la démocratie ?

3 comments on SPÉCIALE EUROPÉENNES : FAUT-IL ALLER VOTER ?

  1. FabFab dit :

    Il me semble important de lire la lettre d’Elisée Reclus d’où est extraite la citation « Voter, c’est abdiquer » pour en comprendre toute la force et la pertinence. La voici donc :
     » Compagnons,
    Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n’est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l’exercice du droit de suffrage.
    Le délai que vous m’accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j’ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.
    Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.
    Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.
    Voter c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui. Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.
    N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d’autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d’action futur, agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c’est manquer de vaillance.

    Je vous salue de tout cœur, compagnons .

    Élisée Reclus.

  2. Christian de Beauquesne dit :

    5 hommes, une femme…
    puis 4 hommes et 2 femmes…
    Cela se passe de commentaire, encore et encore la moitié des françaises comptent pour du beurre!
    Ceci dit, j’ai trouvé les débats corrects et enrichissants. Merci et continuez.

  3. Ainuage dit :

    Bravo à Antoine Peillon qui est, et de loin, le plus conséquent dans ces propositions : c’est le seul à sortir du petit choix binaire proposé par Le Média de voter ou ne pas voter. Cette alternative, typique de la petite bourgeoisie menchevik (intellectuels de gôche) réduit le champ des possibles à : « voter » ou « rien ». Donc voter.
    Antoine ouvre et propose de remplacer le « voter » et le « rien » par les armes. Silence ou gêne dans l’assemblée. Quoi ? la violence ? au secours BFM ! Au secours Gandhi ! viens sauver la démocratie bourgeoise avec ton idéologie et les récits subséquents qui nous font croire que l’Inde a gagné son indépendance par le pacifisme !
    Antoine ouvre.

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