Le 22 janvier 2018 à 18h13

Inégalités dans le monde: de Versailles à Davos, le bal des tristes sires

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bastienparisot
L' Oxfam a publié, dans son étude "Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent", les chiffres suivants (pour ne citer qu'eux) :
- en 2017, 82 % de la croissance a profité aux 1% les plus riches.
- près de 850 millions d’individus, survivent dans l’extrême pauvreté avec moins de 1, 9 $ par jour.
 
Cette situation témoigne d'une urgence absolue : elle démontre le dysfonctionnement du système capitaliste mondialisé, et de l'injustice qu'il installe et creuse tout autour du monde.
Il est urgent de redistribuer la richesse, et de mettre fin à l'exploitation de la majorité par une minorité toujours plus cupide. Quelques uns se gavent des richesses produites par le reste de la population. Une situation aussi intolérable qu'indigne.
 
Le Forum Economique Mondial de Davos : le bal des puissants
 
Demain, et jusqu'à vendredi, se tiendra le Forum Economique Mondial de Davos, en Suisse (World Economic Forum, abrégé WEF). A cette occasion, des dirigeants d'entreprises et politiques se réunirontpour débattre des problèmes de la planète. Nul doute, donc, que l'urgente question des inégalités sera au programme. Pourtant, nulle raison d'en attendre quoi que ce soit. L'année passée, à la même occasion, la même question fut "traitée" : quelques belles paroles, une confiance affichée pour un avenir plus juste, mais rien, absolument rien de concret. Et le résultat est là : les inégalités entre les riches et les pauvres se creusent toujours un peu plus.
 
Ne soyons donc pas dupes. Il n'y a rien à attendre de cet événement, vendu par certains comme l'un des tournants de l'année. Pourtant, seuls les plus optimistes ou naïfs d'entre nous pourraient imaginer un quelconque changement. En Suisse, rien de nouveau ! Les grands patrons et leurs pantins dirigeants politiques, chantres d'un libéralisme économique toujours plus dominant, n'auront qu'un objectif en tête : assurer les meilleurs résultats économiques possibles... et donc leurs revenus.
 
Comprenez : ce grand sommet international, supposé peser sur l'orientation économique mondiale, ne tient absolument pas compte des volontés populaires. Seuls le business et le profit comptent. Ceci est d'un cynisme insupportable. Alors que tous les voyants sont au rouge concernant les situations sociale, économique ou encore environnementale, les petits "grands" de ce monde se réunissent une fois de plus pour nous vendre leur éternelle recette, et se complaire dans des résultats qui ne satisfont qu'eux.
 
Choose France : la "Startup Nation" en état de marche
 
Précédant ce grand bal des tristes sires, Emmanuel Macron convoque ce soir 140 grands groupes étrangers à Versailles, pour un sommet intitulé "Choose France". Le but ? Renforcer l'attractivité économique de la France, et faire passer un message clair auprès de ses invités : investir chez nous !
 
Niveau symbole, la situation prête à sourire. Choisir le Chateau de Versailles (décidément apprécié par Emmanuel Macron), haut-lieu de l'Ancien Régime, pour accueillir des entreprises au nom de l'Etat Français, parmi lesquelles Amazon ou Google, qui ne payent pas leurs impôts en France, ou encore Goldman Sachs, responsable de la crise des subprimes et acteur majeur de la crise Grecque, fait passer un message clair : pour Macron comme pour Davos, c'est business avant tout !
 
Mais tout se passe bien : plusieurs entreprises présentes ont prévu d'annoncer des projets d'investissement en France. C'est notamment le cas de Toyota, qui investira 300 millions d'euros à Onnaing. Une information diffusée ce matin, quelques heures avant le sommet.
Une façon pour ces grands patrons de féliciter et de soutenir le gouvernement français dans la politique économique qu'il mène depuis sa prise de pouvoir. Une politique marquée par la destruction du code du travail, et une importante libéralisation du marché du travail, largement à l'avantage des grandes entreprises.
 
Pourtant, cette politique mécontente 53% des Français. Comme à Davos, "Choose France" ne semble pas placer les intérêts et les volontés du peuple au centre de ses préoccupations. Là encore, le grand concert libéral devrait être parfaitement exécuté par des acteurs identiques.
Rien de bon à présager, donc, pour l'évolution des inégalités dans le monde.
 
 
 
 
Bastien Parisot
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bastienparisot

Vos
commentaires

ErwanK

1/24/18 - 12:46am
Salut à tous! J'ai regardé l'autre jour le film de Yannis Youlountas : "ne vivons plus comme des esclaves". Le film est intéressant dans son ensemble et traite le problème de la crise grecque de manière simple et accessible. Ce qui m'a frappé c'est une remarque qui, à mon sens, se révèle extrêmement pertinente. J'espère ne pas déformer les propos exacts du film, mais l'idée exprimée me semblait être de cette teneur : la Grèce n'est que le premier état européen à subir ce sort là mais ne sera pas le dernier. Le modèle économique de l'Europe libérale va mener à une austérité sans limite dans tous ses pays membres. Merci donc à Goldman Sachs de venir soutenir l'Europe du "business avant tout" à Davos.

onlesaura

1/23/18 - 1:08pm
Bonjour tout le monde ( ........ sauf ceux de Davos....... ce n'est pas notre monde !) Une suggestion:procéder à un dossier sur le Portugal , qui semble avoir pris la question du capitalisme et de l'ultra libéralisme dans l'autre sens , à savoir privilégier la demande, par un rehaussement du pouvoir d'achat de la population et par un interventionnisme d'Etat plus fort( commandes publiques et contrôle), ca nous changerait des vieilles recettes, .............même si ce ne sont que celles de la sociale démocratie

eric.tischamp

1/22/18 - 10:41pm
C'est un retour à l'ancien régime avec tout ce que cela comporte en matière de fiscalité, de justice, d'information...même l'apparat (Versailles) est de retour ! Il n'y plus de séparation des pouvoirs. L’exécutif donne ses consignes à la justice, on met en œuvre des réformes avant qu'elles soient votées (voir parcour'sup) Il n'y a pas cinquante moyens de sortir de la crise climatique : une solution est le partage, l'autre, celle des adeptes du darwinisme social est d' accaparer le bien commun ! pardon pour les multiples posts : pb d'ordinateur.

eric.tischamp

1/22/18 - 10:37pm
C'est un retour à l'ancien régime avec tout ce que cela comporte en matière de fiscalité, de justice, d'information...même l'apparat (Versailles) est de retour ! Il n'y plus de séparation des pouvoirs. L’exécutif donne ses consignes à la justice ( Il n'y a pas cinquante moyens de sortir de la crise climatique : une solution est le partage, l'autre, celle des adeptes du darwinisme social est d' accaparer

ROUSSEL

1/22/18 - 8:53pm
le ruissellement des riches, abus de langage suant les ignobles privilèges ! Ne coule que dans les pissotières des milliardaires ! Le ruissellement des riches, Macron me bat haut la main : signé Tartufe le ruissellement des riches, éreintement des pauvres ! le ruissellement des riches, l'invention canaille pour tous les dîners de cons de Macronie , etc etc...

fmbernard

1/22/18 - 8:40pm
Avec tous les cadeaux faits aux grandes entreprises, c'est comme si elles n'avaient plus (ou presque plus) à payer les salariés-esclaves ! Investir en France devient plus rentable qu'au Japon ! J'aimerais qu'une étude soit faite pour chacune des entreprises du CAC 40 en incorporant toutes les aides, les baisses de taxes, la suppression de l'ISF, ceux qui ne paient pas d'impôts, les aides à la recherche, etc, etc.

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