Le 09 février 2018 à 15h03

Biodynamie : vigilance face aux pseudosciences

agriculture Science Pseudoscience Critique
Le Média

Les articles du Fil d'Info sont publiés par l'équipe digitale du Média.

Samedi 3 février, le Média diffusait un documentaire de notre partenaire Step Aside Project, faisant le portrait de Gérard Augé, adepte de l'agriculture biodynamique. Grâce à notre partenaire l'association ASTEC, auteure de La Tronche en biais, nous mettons aujoud'hui la biodynamie à l'épreuve de la démarche scientifique. 

En avant-propos, quelques précautions :

Chacun doit avoir le droit de croire ce qu’il veut sur la religion, la philosophie, la science et le sens de la vie. Toutefois, cette liberté de conscience, indiscutable, ne doit pas faire l’objet de trop d’illusions : tous autant que nous sommes croyons ce que nous croyons en partie à cause de notre environnement. La famille dans laquelle nous sommes nés, l’éducation reçue, nos fréquentations, nos lectures, nos activités, ceux à qui nous nous sommes identifiés, affiliés, connectés ont nourrit et influencé la manière dont nous nous représentons le monde, et nous-mêmes. D’où l’importance d’une presse indépendante, diversifiée, ouverte aux débats d’idées plus qu’aux chamailleries de chapelles.

À l’ère des "fake news", on sait bien qu’il est dangereux, parfois, de se laisser abuser par des informations frauduleuses. On sait aussi que les dérives sectaires sont nombreuses, multiformes, séduisantes, et que leur vocabulaire emprunte aux jargons de la science et à celui du New-Age. Leurs portes d’entrée sont grandes ouvertes dans le secteur du bien-être, de la santé, du développement personnel, et d’une certaine relation à la nature (cf le site de la Miviludes).

Pour limiter les méfaits de certaines dérives, sans pour autant manquer au respect de la liberté de chacun, on peut éviter de banaliser les discours qui facilitent l’engagement dans les croyances dangereuses, éviter de rendre sympathiques les concepts pseudo-savants qui ont pour eux, à défaut de preuves, l’attrait d’une offre alternative de sens (illusoire) sur le monde. Sur ces sujets, la marche à suivre pourrait se calquer sur le serment d’Hippocrate : d’abord ne pas nuire.

Représentation du monde

Les médias ont une responsabilité dans leur contribution à nos représentations du monde. Leur diversité est une qualité primordiale, mais tout autant l’est le besoin de clefs de lecture et d’analyses rigoureuses nous aidant à prendre du recul sur les énoncés séduisants, à contextualiser les informations. S’autoriser à promouvoir les idées qui nous plaisent sans se donner les moyens de savoir si elles sont vraies, c’est faire un pas vers la désinformation.

De nombreux médias, de temps à autre, commettent ce genre de faute de bonne foi. C'est probablement ce qu'il produit il y a quelques jours avec Le Média et le reportage intitulé « La Biodynamie selon Gérard Augé ».

Ci-dessous, nous proposons une analyse du contenu de ce petit reportage pour montrer qu’il est en réalité assez facile de détecter les sophismes et les indices d’un discours pseudo-scientifique. Mais l’objet principal de cette lettre ouverte n’est pas de débunker la biodynamie, il est de demander à tous les médias, et en particulier à Le Média de faire preuve d’une rigueur exemplaire à l’égard de tous les propos qui prétendent décrire le réel et proposer des solutions (souvent commerciale et/ou idéologiques). Avant de diffuser ce genre de message, les médias dont c’est le rôle et dont c’est le pouvoir, doivent exiger des preuves et sans doute aussi présenter la démarche par laquelle on examine des éléments d’un énoncé avant de le partager. Aujourd’hui la désinformation circule au rythme imbattable des partages sur les réseaux sociaux, un usage qu’on ne peut pas combattre, mais qu’on peut raisonner, et que l’on doit accompagner quand on est un professionnel de l’information.

La Biodynamie selon Gérard Augé

Le reportage est un portrait où seul Gérard Augé, administrateur du Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique, s’exprime, dans son jardin. Nous allons devoir citer ici presque l’entièreté de ses paroles pour montrer combien ce portrait, tel quel, est le parfait exemple d’un discours sympathique, voire engageant, au premier abord, alors qu’une analyse permet de dissiper bien vite ce vernis de respectabilité.

[La biodynamie] est une des plus anciennes méthodes d’agriculture biologique, et il s’agit donc d’un mouvement agricole qui est né dans les années 1920... 

Le reportage s’ouvre sur une phrase qui s’apparente à un appel à l’ancienneté, un sophisme bien connu : l’appel à la tradition, ou appel à l’ancienneté. Ce sophisme est très employé dans le monde des médecines alternatives. Il revient à dire plus ou moins implicitement que parce que telle pratique est réputée ancestrale, alors elle serait de bonne qualité.

Gérard Augé se retient de citer le nom de l’inventeur de la biodynamie : Rudolf Steiner. Les journalistes le mentionnent à l’écran sans aller jusqu’à inviter le spectateur à la prudence dans la mesure où Steiner est aussi connu pour être le gourou-fondateur de l’anthroposophie, information jamais mentionnée.

  • « L'agriculture biodynamique de Steiner ne donne aucun mécanisme explicatif, et son fondateur refuse la méthode expérimentale, en appelant uniquement à la foi de ceux qui voudront bien le croire » (source : Wikipédia)
  • « l'efficacité revendiquée de la biodynamie relève de la pensée magique » (Ibid.)

On peut trouver des critiques de l’agriculture biodynamique sur des sites dédiés au scepticisme scientifique.

La spécificité de cette agriculture c’est qu’elle repose sur une profonde connaissance à la fois de l’être humain et de la nature. 

Le mot spécificité indique explicitement que les autres formes d’agriculture n’ont pas une connaissance aussi profonde de l’humain et de la nature. Pourtant l’agronomie est une science qui a aujourd’hui quasiment écarté l’un des pires fléaux de l’humanité : la famine. Cette preuve d’efficacité plaide en faveur d’une assez bonne connaissance du côté des agricultures non-biodynamiques. Il y a dans ce domaine des laboratoires de recherche, des journaux scientifiques spécialisés, et une culture de la preuve scientifique qui permet de tracer toute allégation afférente à l’efficacité de telle ou telle pratique culturale testée.

Par opposition, la biodynamie s’est construite loin de la science et de toute vérification sérieuse de son efficacité, son fondateur refusant la méthode scientifique.  La recherche agronomique ne s’est que peu penchée sur ses résultats, et les études que nous avons trouvées la comparant à l’agriculture biologique montre des rendements similaires, des sols similaires, et un impact absent ou fluctuant sur la qualité des produits

Références :

[L’une des préparations les plus connues] que l’on a hélas numérotée on l’a appelée 501, c’est une préparation à base de quartz de corne. 

Aucune explication n’est donnée sur sa composition. Si l’on cherche des infos à ce sujet, on trouve sur le site du Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique auquel appartient Gérard Augé.

LA SILICE DE CORNE (501)

La préparation silice de corne, dite 501, est une « pulvérisation lumière ». Non seulement elle renforce la lumière solaire, mais elle permet une meilleure relation avec la périphérie cosmique, avec le cosmos tout entier. (source : http://www.bio-dynamie.org/produits/preparations/)

« Méthodes d’élaboration : la silice de corne est élaborée par une longue maturation de poudre de silice dans une corne de vache durant la période estivale » (http://www.bio-dynamie.org/produits/preparations/silice-corne/)

Le site n’offre aucune explication sur les raisons d’un tel protocole ni sur le mécanisme d’action de cette préparation en dehors de ces courtes évocations d’un renforcement de la lumière solaire dont on ignore ce que cela veut dire. Dans le reportage, G Augé poursuit :

Scientifiquement on va l’utiliser à 2g, 4g / hectare.

Le mot « scientifiquement » est utilisé ici en tant que simple invocation. Monsieur Augé semble vouloir nous dire que dès l’instant où l’on utilise des unités de masse et de surface, on fait de la science. C’est un très grossier détournement du mot « scientifiquement », qui par argument d’autorité, donne une impression de sérieux à la méthode.

On pulvérise dans l’air autour des cultures. Le but  est d’améliorer la structure de la plante, de renforcer son harmonie au niveau floraison et fructification. 

Nous recevons des mots mélioratifs et vagues qui ne nous disent toujours rien sur le mode d’action et sur les effets attendus mesurables. Or, rappelons que si une pratique culturale améliore le rendement ou les qualités de la production, cela se mesure. On peut mettre au point des protocoles simples et rigoureux qui donneront les preuves d’efficacité ou d’inefficacité de ces méthodes. Or, nous l’avons vu, en terme de rendement au moins, la biodynamie semble ne pas se distinguer du bio, et fait moins bien que l’agriculture conventionnelle. Quant au reste, difficile de savoir ce que cette prétendue « harmonie renforcée » est censée apporter.

À l’opposé, on trouve des articles qui battent en brèche le discours de la biodynamie, tel ce texte de l’Association Française pour l’Information Scientifique :

 Reprenons le cours du documentaire avec cette préparation 501 :

On dynamise de l’eau. (…) On donne de la vigueur au processus formateur de la matière organique en action dans le sol pour que les plantes envoient leurs racines vers le centre de la Terre.

Là encore, les mots a priori semblent expliquer quelque chose… mais avec un peu d’attention on s'avise que rien de clair n’est réellement formulé. In fine, les phénomènes invoqués restent parfaitement obscurs. Seule reste une affirmation de résultat, dont il est très raisonnable de douter.

On tourne l’univers dans un sens et ensuite on chaotise. On inverse le mécanisme de rotation en créant un chaos. Il doit y avoir un bruit absolument merveilleux. 

À l’image, on voit un homme en train de touiller de l’eau dans un tonneau. Rien de plus. La dynamisation est un concept emprunté à l’homéopathie, laquelle n’est pas capable non plus de montrer un quelconque effet de la pratique.

Au moment du tourbillon, on quitte le critère strictement physique pour passer dans ce que certains appellent l’éthérique, la vibration ou l’énergétique.

Aucun de ces termes ne sera défini. Aucun n'est employé dans un cadre scientifique où il aurait pleinement un sens. On reste dans l’incantatoire, dans l’usage de mots impressionnants par ailleurs régulièrement utilisés dans les pseudo-sciences et autres discours New Age. Ces mots font généralement écho tant à une certaine spiritualité qu’à une certaine scientificité (alors même que les énergies et vibrations en question n’ont généralement rien à voir avec leur pendants physique), tout en étant suffisamment flous et indéfinis pour se protéger de toute correction. C’est d’autant plus vrai avec le terme « éthérique » qu’il sort le phénomène discuté du monde tangible, l’approchant ainsi de l’irréfutable.

Et là l’eau va se charger de toute la qualité des préparations qu’on a ajoutées. On peut le percevoir. On peut le sentir déjà par le fait de le faire à la main.

On ignore tout des « qualités » contenues dans la préparation. On ignore la manière dont ce « chargement » s’opère. Mais on nous dit qu’on peut le sentir, et cela c’est très intéressant, car cela implique qu’on peut le tester. Or l’idée qu’une eau « dynamisée » serait dotée d’une qualité supérieure, énergétique ou autre, est très loin de trouver un fort soutien dans le monde scientifique. Bien au contraire : les preuves manquent pour une telle affirmation qui remettrait en cause tant de connaissances. Par ailleurs, il s’avère que la préparation 501 (ainsi que la préparation 500) est utilisée dans la plupart des études susmentionnées sur la biodynamie, avec les résultats que vous connaissez maintenant.

Bien sûr, il ne s’agit en rien ici d’accuser l’interviewé de mentir : l’autosuggestion est un phénomène avéré, lui, dont on peut s’informer sur le fonctionnement à travers la littérature scientifique.

Cette scène, où l’on prétend nous présenter une eau dynamisée, nous montre en réalité, selon toute vraisemblance, un exemple d’autosuggestion où les sujets se persuadent qu’ils ont manipulé les vertus de l’eau dans le tonneau. L'hypothèse n'a rien d'infamante, le phénomène est courant chez les humains. Cette manière de se convaincre soi-même est d’ailleurs perceptible au détour des phrases qui suivent.

Il y a une philosophie derrière. On va penser autrement. Mais c’est à chacun à trouver comment penser. 

Quand on regarde un végétal, le langage des formes permet de sentir, de percevoir certaines vertus des plantes. 

On détecte les symptômes de la pensée magique, celle qui crée des liens entre les objets qui partagent des ressemblances. En réalité, les vertus des plantes, pour être connues et comprises, demandent bien plus de travail que cela, et on a mis au point des méthodes d’investigation qui ont permis à notre pharmacopée de développer des remèdes par centaines.

Gérard Augé cite ensuite Goethe, immense auteur, naturaliste éclairé, mais en le qualifiant de « scientifique » pour s’en servir d’autorité intellectuelle sur la physiologie végétale, quand on fait en réalité appel au goût du grand homme pour l’ésotérisme (sans le dire). On assiste là à un nouvel appel à l’autorité, un sophisme. Notons au passage qu'un sophisme peut être employé par une personne de bonne foi. Nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que Monsieur Augé cherche à tromper les gens.

Cet œil du « Goethanisme » (…) permet une métamorphose de notre pensée et une meilleure capacité pour s’occuper aussi bien d’un domaine agricole que d’un petit jardin. 

Les journalistes ajoutent une citation de Goethe à l’écran « Ne cherchez pas à corriger un esprit commun, il restera toujours le même ». Et l’on devrait voir, sans doute, un lien entre cette citation et le propos de G Augé. En ce qui nous concerne, nous échouons à le voir.

On nous parle ensuite du « calendrier biodynamique » et nous apprenons que ce calendrier, dit de Maria Thun, qu’il :

… met en lien les organes [des plantes] et les différentes constellations astronomiques et non pas astrologiques.

Les constellations sont des constructions culturelles. Elles viennent de l’astrologie et ne sont pas utilisées en astronomie, en dehors des traces qu’elles laissent dans la nomenclature des astres. Le lecteur pourra s’intéresser aux concepts de « force terrestre » et de « force cosmique » de Rudolf Steiner, inventeur de la Biodynamie et conclure de lui-même sur la nature scientifique ou non de ces concepts et s’ils se rapprochent plus de l’astrologie ou de l’astronomie. Dans tous les cas,  la pertinence d’un tel calendrier peut se vérifier expérimentalement. La seule étude que nous avons croisée sur le sujet conclut à une absence d’effet.

Le discours sur le calendrier se poursuit, sur le même mode incantatoire privé d’explication rationnelle.

On a des jours pour renforcer la racine. On a des jours pour renforcer la feuille, et d’autres pour renforcer la fleur ou les fruits. 

C’est un travail de tous les jours d’observer le vivant et de se poser des questions sans vouloir forcément une réponse automatique. Au fur et à mesure qu’on observe, la méditation se fait, on comprend, et au fur et à mesure qu’on comprend il y a d’autres choses qui apparaissent. 

Tels sont les conseils qu'on nous donne : il faut se poser des questions et refuser les réponses automatiques… mais passer par la méditation… et donc chercher des réponses intuitives... qui sont en réalité bien plus automatiques que les réponses offertes par une analyse rationnelle, laquelle nous force à vérifier que nous ne nous trompons pas et ne nous laissons pas leurrer par des idées faciles à penser.

J’aime bien l’idée de me dire que la plante aime être regardée, mais ça n’est qu’une supposition à valider scientifiquement. 

En effet : certaines idées sont plaisantes à penser. Toutes ne peuvent pas être validées par la science, mais certaines peuvent être testées ; et la biodynamie aurait pu donner les preuves de son efficacité. Ce n’est pas le cas, et pour cette raison il s’agit d’une croyance.

Que conclure ?

La forme de bonheur que certains trouvent dans des croyances ésotériques n’a rien de dérangeant, même si pour reprendre Douglas Adams : « N'est-il pas suffisant de contempler un jardin si magnifique sans avoir à croire en plus que des fées l'habitent ? » En revanche on peut se demander si un média peut diffuser un tel portrait sans aucun appareillage critique, sans aucune remise en contexte qui permettrait aux spectateurs de ne pas croire indûment que ce qui est dit jouit d’une validité scientifique ou que la rédaction accrédite les propos qu’elle porte à la connaissance du public. Le sceau « vu à la TV » est une carte de visite qui vaut malheureusement souvent bien plus que des résultats prouvés scientifiquement.

Bien sûr critiquer la nature ésotérique et pseudoscientifique de la biodynamie ne revient pas à défendre une agriculture industrielle intensive. Et réciproquement, contester les pratiques culturales qui font un mauvais usage des semences, des sols, des intrants ou des réserves en eau n’implique pas de se réfugier dans des méthodes dont le seul mérite est de flatter le rejet de ces pratiques.

Ce que nous voulons souligner est qu’il est important de prendre la mesure des influences médiatiques sur l’engagement des citoyens dans des systèmes de croyances en apparence bénins mais qui peuvent jouer un rôle d’amorce dans un rejet de la science dont la société aurait à pâtir.

Retrouvez les vidéos de La Tronche en biais sur le Média.

Le Média

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Vos
commentaires

SyLo

2/12/18 - 2:54am
Je suis content de lire cet article car j’avoue que pour la première fois depuis son lancement Le Media m'a fait douté avec ce "documentaire" sur la biodynamie. Le problème reste que la visibilité de ce article appelant au bon sens et au relativisme est anecdotique par rapport au doc lui même sur le site, et qu'avec le temps le fil d'info va le faire disparaître alors que le doc sera toujours au même plan que les autres documentaires proposés ...

jyves11

2/11/18 - 4:47am
Une simple précision serait à faire valoir à l'introduction de cet article "Biodynamie: vigilance face aux pseudosciences": "Article écrit librement par un détracteur de la biodynamie." A chacun ensuite de se renseigner, s'informer pour se faire une opinion personnelle et cohérente avec sa vision et sa compréhension du monde... Le Média ne peut rejoindre la cohorte des bien-pensants et autres chiens de garde qui nous infantilisent. Quid, par exemple, de cette responsabilité qu'auraient les journalistes à inciter le spectateur à la prudence en formulant des allégations partisanes... Je pense moi que le spectateur intéressé par les questions d'agriculture, de jardinage ou autres questions sur la fertilité des sols, disposent de suffisamment de sources concrètes, diverses et contradictoires pour se faire sa propre idée. Il ne se satisfera pas d'une vidéo (partisane elle aussi) de 8 minutes pour se forger une opinion. Par ailleurs, rares sont les agriculteurs biologiques qui démolissent avec autant d'âpreté la biodynamie. Il y a certainement des divergences d'opinion au sein de leurs représentants, dieu merci, mais le juge ultime et impartial concernant le débat à propos de l'efficacité de telle ou telle méthode ne sera sûrement pas la seule SCIENCE académique. Les Bourguignons (partisans eux aussi) suffiraient à nous en convaincre.

daniele.dugelay...

2/11/18 - 3:27am
Et personne n'a le courage de préciser que la biodynamie est enseignée par Pierre Rhabi et qu'il existe un lien évident entre cet adepte de l'anthroposophie, sorte de philosophie ésotérique et magique, son mouvement des Colibris, les écoles Steiner et d'autres dites "innovantes", le label Demeter, des produits Weleda. Tous se retrouvent dans une même banque, la NEF. Enfin, notre ministre de la culture est loin d'être étrangère à ces mouvements à dérive plus ou moins sectaire.

Dan Sansemilo

2/10/18 - 6:13pm
Franchement, quand j'ai visionné ce reportage, je me suis dit : "C'est une blague ?" On se demande qu'est-ce que cette vidéo vient foutre ici... On y apprend rien...

jbourdinf

2/10/18 - 10:51am
Merci pour ce commentaire salutaire. Toute théorie doit être soumise à des tests avant d'être propagée urbi et orbi. On l'oublie trop souvent. Nous déplorons à juste titre que les médias dominants propagent des bobards, c'est pourquoi nous devons rester vigilants et ce dans tous les domaines.

tang.ce

2/10/18 - 9:19am
J'ai des amis qui pratiquent la viticulture biodynamique (dans le muscadet notamment) depuis des années, il se sont pas illuminés, ne font pas partie d'une secte, ne font pas de prosélytisme... Cette pratique est - dans ce qui semble être la majorité des cas - un complément à l'agriculture bio, ni plus ni moins. J'approuve cela dit la mise au point de cet article, qui en rappelle l'origine (un peu floue pour moi) et le charlatanisme pouvant facilement s'emparer du sujet. En revanche opposer continuellement la rationalité à la spiritualité a le don de m'énerver. Les deux peuvent tout à fait se compléter, et c'est même nécessaire. Placer toute alternative spirituelle à la rationalité dans le bac excluant d'office "pensée magique" (comme l'homéopathie, bouh quelle horreur) est tout aussi ridicule et contre-productif que de faire la promotion aveugle de la biodynamie. Ne sombrons pas non plus dans le "there is no alternative", c'est vraiment pas le moment. D'un coté les "spirituels" ne doivent pas rejeter la science classique, sans laquelle on ne guérirait pas le cancer du sein aujourd'hui (entre autres), de l'autre les chantres cartésiens doivent ouvrir un peu leurs esprits et accepter l'existence d'autres rapport au vivant. Évitons juste la facilité du manichéisme. Merci.

allikrid

2/9/18 - 5:17pm
Merci pour votre commentaire ! Je constate que vous n'avez pas fait le lien avec la viticulture biodynamique, sujet tout aussi actuel (Coulée de Serrant et compagnie) et la raison pour laquelle certains viticulteurs partent sur cette méthode (Personnellement, je me demande encore s'il s'agit d'un pari pascalien, d'une action raisonnable ou de la mise en place d'une arnaque à grande échelle...

marie_ko

2/9/18 - 5:09pm
Ha merci, merci beaucoup. Vous nous avez lus et entendus!

ndemengeon

2/9/18 - 5:03pm
*magique

ndemengeon

2/9/18 - 5:02pm
Merci! C'est bien d'avoir le courage de démasquer cette pensée agique réactionnaire.

evemarie

2/9/18 - 4:50pm
merci de ce message , bien que trop lourd, on dirait que l'auteur veut nous convaincre absolument.. un peu dérangeant, mais réel. Bien des faussetés en énergétique, écologie, maladies sont des constructions maladroites, facile a comprendre. Comme pour les vaccins, Joyeux est un catho, contre l'avortement , a été radié de l'ordre des médecins ... En général les gens qui veulent juste de la notoriété (pour avoir du fric apres, avec un bouquin , ou des émission sur youtube), sont vite réparable, dont ceux avec le discours New âge, qu'il serait bon de décrypter.

mahen

2/9/18 - 3:42pm
Bravo, nous sommes nombreux à avoir été dérangés par ce documentaire (alors que nous sommes dans la grande majorité par ailleurs très critiques vis à vis de l'agriculture conventionnelle). Même si personnellement je reste persuadé que le sujet de ce film n'était pas de convaincre de la pertinence ou de l'efficacité de l'approche biodynamique mais de donner à voir de quoi il s'agissait. Il me semble que le discours était suffisamment édifiant... Mais le risque est de prendre cela pour argent comptant. Note à La Tronche En Biais : je lis souvent des références à l'AFIS dont j'ai acheté plusieurs fois la revue. J'ai été étonné par la grande quantité de l'AFIS d'articles discréditant le bio, relativisant la dangerosité des pesticides etc... Pour le coup, l'AFIS est-elle rigoureuse ? Ils apparaissent pour le coup vraiment militants alors qu'ils se prétendent indépendants. J'ai été étonné de revoir leur argumentaire déroulé dans certaines émissions par des personnes de la FNSEA (qui se cachaient d'en faire partie ; cf l'émission politique sur la 2 avec Méluche)... Qu'en pensez-vous ?

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