Au football, la VAR, V.A.R., c’est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et au Média, la VAR, c’est la vérification de la parole des politiques. Et c’est un module préparé et incarné par le journaliste Nabil Touati, qui débunke depuis de longues années les prises de position changeantes au fil des ans - voire des jours ! - de celles et ceux qui nous gouvernent.
On a analysé 64 interviews : le résultat sur le RN est accablant
Dans ce nouvel épisode de la VAR Politique, Nabil Touati décrypte un phénomène troublant : la capitulation sémantique des journalistes face à la normalisation de l'extrême droite. La chronique s'ouvre sur un double standard médiatique : pourquoi les intervieweurs esquivent-ils les questions sur la vraie ou fausse "paparazzade" de Raphaël Glucksmann et Léa Salamé dans Paris Match cet été, alors que Léa Salamé cuisinait elle-même Jordan Bardella sur le même sujet ? Mais cette indulgence sur la forme cache une dérive beaucoup plus grave sur le fond. La VAR a analysé 64 interviews politiques dans les émissions de la rentrée concernant la proposition du RN de sanctionner le port du voile dans la rue. Le résultat est glaçant : les journalistes débattent de la logistique, de la fasabilité ou de la police, mais aucun ne qualifie la mesure de "raciste", "islamophobe" ou "discriminatoire". En exhumant les archives, la chronique expose ce naufrage. De Laurence Ferrari, qui osait parler de "discrimination" face à Marine Le Pen en 2007 avant de sombrer dans le vocabulaire sécuritaire sur CNews, à Claire Chazal en 2012, la VAR démontre comment le silence et la complaisance des médias ont activement participé à la banalisation du racisme en France.